Le cri du coeur de Maggie Savoie

Inspirée de ses voyages, la musique de Maggie Savoie témoigne aussi de ses inquiétudes à l’égard de son environnement social et naturel. Cash, l’une des chansons les plus puissantes de son deuxième album, a été écrite tel un cri du coeur.

Après avoir voyagé pendant quelques années, Maggie Savoie a reposé ses valises à Kedgwick pour y construire une maison. Artiste authentique à la voix unique, rappelant parfois l’univers de Mara Tremblay mais en plus vigoureux, elle vient de faire paraître un micro album de cinq chansons, On court. Si l’auteure-compositrice-interprète Maggie Savoie n’est pas du genre à se mettre en colère, il reste que les injustices sociales, humaines et environnementales la révoltent et lui inspirent des chansons.

À travers la musique, elle pose un regard critique sur le monde qui l’entoure. Elle s’insurge contre les préjugés.

«Je réalise que j’ai le droit de dire des choses à travers la chanson», a confié Maggie Savoie qui a offert un extrait de son spectacle à la FrancoFête jeudi, devant les délégués. Elle y était accompagnée du contrebassiste Rémi Arsenault et de la violoniste Marie-Andrée Gaudet.

Le directeur du Festival Pause Guitare en France, Alain Navarro, qui a déjà accueilli Maggie Savoie à son festival, est touché par sa musique.

«Je trouve que cette formule avec contrebasse et violon amène du coffre. Elle est touchante cette Maggie», a-t-il exprimé.

D’ailleurs, l’allure de son nouvel album a été fortement influencée par son nouveau trio. Depuis Le sage du bois de chauffage, le style musical de Maggie Savoie a évolué. Elle estime que son nouveau disque est différent du premier. C’est toujours du folk, mais un peu moins relaxe. Quand elle a composé les chansons, elle pensait beaucoup au violon et à la contrebasse.

«La chanson Cash a beaucoup été inspirée de l’arrosage qu’on fait dans la province avec les coupes à blanc et des gens qui s’en foutent un peu. Je ne peux pas faire de conclusion trop rapide, mais on sait que le taux de cancer dans le nord du Nouveau-Brunswick est élevé et on sait qu’on arrose et on essaie de fermer les yeux là-dessus. Cette chanson c’était comme un cri du coeur.»

Celle qui mène sa carrière de façon complètement indépendante a commencé la production d’un plein album. Une fois de plus, elle l’enregistre au studio MRC à Memramcook. Cette nouvelle réalisation empruntera une direction plus rock, électrique, et blues. Un beau voyage de création inspiré par le vieux blues, a-t-elle laissé savoir. Le disque, qui devrait paraître en mai, s’intitulera Tumeur à l’égo. Il y aura encore un fond de critique sociale.

«J’aime bien les chansons engagées. Je ne sais pas si ça influence les gens, mais moi ça m’inspire des chansons.»

Maggie Savoie n’a pas envie pour l’instant de s’associer à une maison de disque ou une boîte de gestion, même si elle a déjà été approchée par des groupes.

«J’ai de la misère à me lancer à 100% là-dedans parce que des fois, je ne suis pas certaine à quel point je veux faire ça. J’aime faire mes affaires quand ça me tente et j’ai peur d’embarquer du monde avec moi. J’adore faire de la musique. C’est juste que je suis encore en train de me demander comment je veux le faire», a-t-elle expliqué.

D’ici le lancement du disque, Maggie Savoie entend prendre une pause afin de se ressourcer et de recharger ses batteries. Elle veut aussi bien préparer la sortie de son disque. «J’ai eu une grosse tournée avec le spectacle L’Acadie se raconte. Je suis quand même quelqu’un qui aime le bois et je m’en ennuie», a ajouté la chanteuse et guitariste.