FrancoFête en Acadie: de la variété et des coups de coeur

Du jazz oriental jusqu’au théâtre engagé en passant par la danse interactive et la chanson acadienne, la FrancoFête propose un large éventail d’extraits de spectacle. Au deuxième jour de l’événement, des programmateurs internationaux ont déjà quelques belles découvertes à rapporter dans leurs bagages.

Que recherchent les délégués venus d’Europe? L’Acadie Nouvelle a rencontré deux programmateurs d’événement de la France et de la Belgique qui ont assisté aux vitrines acadiennes présentées lors du dîner réseautage des délégués à la Salle Bernard-LeBlanc. La salle était bondée pour cette série d’extraits de spectacle offerts par six auteurs-compositeurs-interprètes de l’Acadie. Le directeur du Festival Pause Guitare, Alain Navarro, qui invite régulièrement des artistes acadiens depuis quatre ans, leur réserve même une scène spéciale. Basé à Albi dans le sud-ouest de la France près de Toulouse, ce festival accueille 75 000 visiteurs. Celui qui participe à la FrancoFête depuis près de 8 ans a vu une nette évolution et une belle progression.

«Je sens qu’il y a un développement qui est super intéressant. Si, il y a quelques années, le vivier semblait un peu restreint, on sent qu’aujourd’hui, il y a une grande richesse et cette richesse m’intéresse profondément», a-t-il confié.

Chaque année, il invite trois ou quatre artistes de l’Acadie qui offrent jusqu’à 12 concerts dans le cadre de l’événement Expérience Acadie, un peu comme le fait le Festival interceltique de Lorient. Alain Navarro s’amuse à dire que s’il revient à la FrancoFête, année après année, c’est qu’il est atteint du virus de l’Acadie.

«Il y a une couleur et une nature que j’aime. Je m’y sens bien et du coup, je me sens une drôle de mission de ramener ça un peu en France et de faire partager aux Français, ce virus que j’ai attrapé ici.»

Parmi ses coups de coeur depuis mercredi, figurent le guitariste Shaun Ferguson et le groupe Seconde Nation. Au moment de l’entrevue, il n’avait pas encore vu tous les artistes en vitrine.

«Je recherche surtout de la pertinence dans le projet. On ne peut pas proposer n’importe quel artiste à mon public surtout au Festival Pause Guitare où il y a beaucoup de monde. Il faut que le groupe soit prêt à vivre cette expérience. Je cherche à ce qu’il y ait du coffre, du contenu, de la différence et de l’originalité. Y a pas besoin forcément de tout comprendre ce qui est dit pour que ça touche le public français.»

Le dépaysement culturel

Philippe Content, du Centre culturel de Huy et représentant de l’association de programmateurs AssPropro en Belgique, en est à sa deuxième année à la FrancoFête. Il remettra samedi soir le prix Marc-Chouinard Acadie-Belgique à un artiste de l’Acadie qui sera invité à se produire en Belgique. Il vient à la FrancoFête pour chercher un dépaysement culturel et découvrir des artistes qui sont différents de ceux de son pays.

«Je trouve que les artistes représentent à la fois leur région et leurs racines tout en ayant une belle modernité. Il y a une vraie différence entre les artistes de la Belgique et d’ici.»

Il a fait de belles découvertes. Il cite notamment Amélie Hall et la jeune violoniste Marie-Andrée Gaudet, qui accompagne Maggie Savoie et Shaun Ferguson.

«J’ai eu un vrai coup de coeur pour la jeune violoniste Marie-Andrée Gaudet qui est virtuose sans jamais en faire trop. Elle est d’une justesse formidable.»

La surprise, le talent qui éclate au moment où on s’y attend le moins, une mélodie qui touche, une suite de chansons, certaines sonorités qui font vibrer; difficile de préciser ce qui fait que les délégués tombent sous le charme ou pas, estime M. Content.

«Ça peut être un bout de pièce de théâtre comme ce matin, L’Enfant sauvage. C’est beau et c’est magnifique. On a le coeur qui explose», a commenté M. Content qui a déjà accueilli cette œuvre dans son centre culturel.

La pièce de la dramaturge Céline Delbecq a remporté de nombreux prix en Belgique. Monologue émouvant et intense, incarné par Thierry Hellin, nous plonge dans la réalité d’un enfant abandonné à qui on devra lui trouver une famille. L’homme qui s’y attache fera face à une suite de procédures administratives et juridiques. Un sujet difficile, mais traité avec humanité. L’acteur a raconté que cette pièce a d’abord été écrite pour encourager les familles à parrainer des enfants. Il y a 2000 enfants en Belgique en attente d’une famille.