Dans l’Shed: portrait de la ruralité gaspésienne [AUDIO]

Le duo folk Dans l’Shed récidive avec un troisième album, Gaspericana, profondément ancré dans le réalité gaspésienne à travers le quotidien de divers personnages. De la chanson rurale qui met en lumière les guitares et les voix.

Après leur deuxième disque Rivière Rouge paru en 2016, Éric Dion et André Lavergne ont eu envie de revenir à des arrangements plus épurés, centrés sur le jeu musical du duo.

D’inspiration folk americana, la formation est de passage à la FrancoFête en Acadie à Moncton afin d’offrir une vitrine et lancer ce nouvel opus qui rassemble 13 pièces.

Le processus menant à la réalisation de ce disque est plutôt original. En s’associant à la radio de Radio-Canada de Gaspésie les îles, ils ont fait appel aux auditeurs afin de recevoir des photographies de la région. Des 200 photographies reçues sur la page Facebook de leur projet, Éric Dion a choisi huit images pour écrire les paroles de ses chansons.

L’auteur-compositeur aime travailler avec la contrainte. En regardant les photographies, il a imaginé la vie qu’auraient pu avoir ces personnages.

«On voulait que l’album rassemble différents personnages qui vivent dans un même village. Étonnamment, les gens nous ont aussi envoyé des mots avec leurs photos, ce qui m’a inspiré des refrains et des paroles de chanson», a expliqué Éric Dion.

Sept des 13 titres sont inspirés de photographies comme À travers mon chapeau (dont on peut entendre ici un extrait), Je ferme mes yeux, Gaspericana, Belle Rosalie ou encore Motel du miracle.

Si leurs chansons témoignent de réalités en Gaspésie, elles peuvent aussi rejoindre d’autres régions. En écoutant leur musique, une multitude d’images défilent devant nos yeux. Les autres chansons ont été écrites surtout sur la route.

«J’ai toujours un carnet sur moi pour noter des idées de chansons», confie Éric Dion.

Par la suite, il compose la musique avec André Lavergne. Ils ont coréalisé l’album avec Guillaume Arsenault au studio Tracadièche à Carleton-sur-Mer, là où André Lavergne a grandi. Aujourd’hui, il vit à Québec, tandis qu’Éric Dion demeure à New Richmond.

Les deux musiciens qui ont grandi sur les rives de la Baie des Chaleurs en regardant la côte du Nouveau-Brunswick, estiment avoir beaucoup d’affinités avec les Acadiens.

«On est le même monde. On partage la même frontière. Ma mère est une Acadienne puis sur toute la Baie des Chaleurs, il y a des Acadiens. On se ressemble beaucoup et musicalement on a les mêmes racines», a commenté Éric Dion.

D’ailleurs, le duo a joint l’agence Le Grenier Musique à Moncton depuis de nombreuses années. Son troisième disque paraît sous l’étiquette acadienne.

Pour réaliser ce disque, les deux multi-instrumentistes ont enregistré les chansons dans une version épurée. Si par la suite, ils jugeaient que la chanson avait besoin d’un peu plus d’enrobage, ils ajoutaient des instruments. André Lavergne se passionne pour l’enveloppe sonore.

Les deux musiciens qui se connaissent depuis l’adolescence ont toujours joué ensemble dans différents groupes. À un certain moment, leurs chemins se sont séparés, l’un restant à Québec alors qu’Éric Dion a choisi de retourner vivre en Gaspésie. Avec l’envie de collaborer à nouveau, ils ont formé le duo Dans l’Shed il y a quelques années.

«Dans le folk, tu ne peux pas passer à côté des textes. On n’est pas dans la complexité musicale, alors s’il ne se passe rien du côté du texte, il ne se passe rien pantoute», a ajouté Éric Dion.

Après les lancements à Moncton et au Québec, le duo s’envolera pour la France où il donnera cinq spectacles. Ils assureront, entre autres, la première partie de Charlélie Couture au Festival Les Oreilles en Pointe.