Georgette Bourgeois expose son Acadie contemporaine dans sa ville

L’artiste Georgette Bourgeois qui met en image les lieux marquants des paysages de la grande région de Moncton propose une nouvelle approche de son travail dans une exposition présentée à la Galerie de l’Hôtel de Ville.

Dans sa plus récente exposition consacrée à l’Acadie contemporaine, on y retrouve une peinture d’un surfeur sur la rivière Petitcodiac. Georgette Bourgeois raconte que son père, Thomas Bourgeois, est le premier à avoir photographié les aquaplanchistes en 1967, tandis que son fils Chris Harrigan a réalisé un documentaire, Le paradis de boue, sur le même sujet, il y a quelques années. Est-ce le fruit du hasard? Difficile à dire, mais l’intérêt pour la rivière Petitcodiac semble se transmettre dans la famille Bourgeois.

Celle qui s’intéresse à l’Acadie contemporaine depuis 2013 s’inspire de lieux et d’événements ayant marqué sa vie.

L’artiste présente cette collection pour la première fois à Moncton. Quatorze œuvres de la série sont en montre à la Galerie Moncton, la plupart n’ayant jamais été montrées au public. Georgette Bourgeois rêvait depuis longtemps d’exposer cette collection dans sa ville.

«Je pense que cette collection est faite pour ça, pour la présenter au centre-ville», a-t-elle souligné.

L’exposition, divisée en plusieurs segments, propose, entre autres, des œuvres peintes à la Solitude de Pré-d’en-Haut, des scènes de la rivière Petitcodiac et des édifices du centre-ville de Moncton.

«Cela a toute affaire avec moi et à qui je suis. Je suis allée à l’Université de Moncton, la cathédrale était mon église et mes grands-parents ont contribué à sa construction. L’édifice de l’Assomption, c’est parce que ma grand-mère maternelle en est la cofondatrice. Le Centre Aberdeen, j’étais là comme élève et mon studio a été là plus tard», a exprimé l’artiste.

La série ouvre aussi un nouveau chapitre sur les arts du cirque. Depuis 2014, elle s’intéresse au travail des acrobates de Circus Stella à Dieppe. Trois grandes œuvres ont été acquises par l’hôtel Wingate à Dieppe où elles sont exposées en permanence.

C’est en les voyant performer qu’elle a eu envie de peindre ces artistes vêtus de costumes colorés. Que ce soit sur des échasses ou des tissus aériens, ces artistes ont permis à Georgette Bourgeois de s’exprimer autrement. Si ses peintures illustrent souvent des paysages ou des édifices imposants, la série sur le cirque se distingue par les personnages, le mouvement, la fougue et la lumière. Pour ses œuvres plus récentes, elle a utilisé la technique du collage, en allant chercher des images de ses propres peintures, des photographies, du pastel sec, du papier et de l’acrylique. Elle décompose ses peintures pour les recomposer afin de créer une nouvelle œuvre. Les collages apportent de la texture aux tableaux. C’est étonnant.

«J’aime ça parce qu’il faut que je travaille avec des surprises. Je trouve que ce sont des œuvres très organiques.»

Georgette Bourgeois a pu ainsi emprunter une nouvelle approche, en donnant une autre facture à ses toiles. Ses oeuvres sont exposées jusqu’au 4 janvier. Par la suite, la série sera en montre à galerie Assomption.