Jézabel et Wilfred: un tandem amoureux et artistique du tonnerre

Wilfred Le Bouthillier signe sa première chanson cinématographique pour un film dans lequel sa compagne, Jézabel Drolet, campe le rôle principal. Ça fait mal coiffe en effet le générique de Burn out ou la servitude volontaire, un long métrage de fiction poignant sur la dépression et le surmenage professionnel qui a déjà été auréolé d’un prix lors de sa première mondiale, récemment, dans un festival québécois de cinéma.

Réalisé par Michel Jetté (Hochelaga, Histoire de Pen), Burn out ou la servitude volontaire met en scène Louis (Emmanuel Auger; District 31, Ruptures) et Michelle (Jézabel Drolet) un couple fin trentaine aux ambitions démesurées. Lui travaille dans le domaine des télécommunications et se voit dépassé par les compétences qu’exigent les nouvelles technologies. Sa conjointe, quant à elle, reçoit une offre pour remplacer la directrice adjointe de sa banque partie en congé de maladie.

«Michelle veut relever le défi. Elle veut réussir. Mais elle s’enfonce dans un couloir alors que son chum n’est déjà même plus en possession de ses propres moyens», résume Jézabel Drolet en entrevue téléphonique.

Selon la comédienne québécoise, le film pose un regard à la fois lucide et percutant sur la dépression et le surmenage, ainsi que les dangers qui en découlent.

«Le film se veut un signal d’alarme à la société. C’est de cette façon que Michel Jetté a abordé le scénario. Veux, veux pas, nous sommes dans un monde qui se dirige de plus en plus vers la maladie mentale. On nous pousse toujours à en faire plus et le message est “réveille-toi avant que ça t’arrive”», souligne Jézabel Drolet, ajoutant avoir eu beaucoup de plaisir à camper le personnage de Michelle, qu’elle assume d’ailleurs avec une véracité étonnante selon les premières images que l’Acadie Nouvelle a pu visionner.

Pas étonnant, donc, que Burn out ou la servitude volontaire ait remporté au début du mois le prix Communications et Société lors de sa première mondiale au Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue.

«C’est un prix qui récompense un film engagé, dont le sujet peut susciter le débat ou une prise de conscience chez ceux et celles qui le voient. C’est un très beau prix et toute l’équipe est très heureuse que Burn out ou la servitude volontaire ait ainsi été reconnu pour son utilité», exprime Jézabel Drolet avec enthousiasme.

Un prix qui rejaillit sur l’ensemble des créateurs du long métrage, et dont Wilfred Le Bouthillier n’est pas en reste. Sa chanson Ça fait mal, dont il signe la musique et co-signe les paroles avec sa douce, constitue un point d’orgue émouvant et saisissant à la fin de l’oeuvre. Le vidéoclip de la chanson, que Wilfred a réalisé à partir des images du film et que l’Acadie Nouvelle a pu écouter en exclusivité, traduit au rasoir la tension et la douleur que projette Burn out ou la servitude volontaire, qui plus est coiffé de ses mots finement ciselés et allant droit au coeur.

«Je suis vraiment allé à fond dans les images du film. Je voulais que le vidéoclip comme la chanson soient sans concessions. Je souhaitais que ça frappe et que les gens en ressentent profondément l’émotion», signale Wilfred Le Bouthillier, qui en était à sa toute première expérience de montage vidéo.

«Si Michel Jetté avait su que je n’avais jamais fait ça avant, peut-être qu’il ne m’aurait pas laissé faire», lâche-t-il dans un grand éclat de rire.

Une grande complicité

Facebook

Wilfred Le Bouthillier et Jézabel Drolet font vie commune depuis plus d’un an. Rapidement, le couple mentionne s’être découvert une passion artistique commune et une complémentarité leur permettant d’envisager des projets en tandem en les nourrissant de leurs propres champs de compétences. Le duo planche en effet sur la création d’une sitcom, dont l’écriture est encore au stade embryonnaire.

«Nous sommes deux artistes groundés, du fait que Jézabel est aussi infirmière dans la vie de tous les jours, et moi, père de famille. Nous nous complétons vraiment bien», atteste Wilfred Le Bouthillier.

Sa compagne, native du Lac-Saint-Jean et ayant aussi étudié en musique sous l’égide de Denis Gagnon au Cégep d’Alma, témoigne aussi de cette complicité qui s’est développée entre eux.

«Avoir rencontré Wilfred et faire partie de sa vie a été un immense cadeau. C’est réellement deux âmes soeurs qui se rencontrent. Un exemple parfait pour illustrer ça, c’est que, quand on a composé la chanson Ça fait mal, Wilfred n’avait pas encore vu le film. Pourtant, à la lumière de l’histoire que je lui résumais, il a su parfaitement en comprendre l’essence et s’inspirer de mon personnage.»

Inutile de dire que l’heureuse expérience leur donne des ailes. Avec la nouvelle compagnie de production que Wilfred vient tout juste de mettre sur pieds, 2W inc., les tourtereaux ont mille et une idées et certaines d’entre elles pourraient se matérialiser au cours des prochaines années.

«Nous avons des projets que seuls, nous n’aurions pas osé aborder. Mais à deux, ça dissipe nos craintes et nous nous encourageons mutuellement. Je trouve ça super le fun de travailler avec mon chum!», soutient Jézabel Drolet avec enthousiasme.

Le film Burn out ou la servitude volontaire devrait sortir sur les grands écrans québécois et néo-brunswickois au cours de l’hiver. En attendant, les gens intéressés peuvent visionner des extraits du film ainsi qu’une entrevue avec Jézabel Drolet sur la page Facebook du long métrage.

Jézabel Drolet campe le rôle de Michelle au côté d’Emmanuel Auger dans le film Burn out ou la servitude volontaire, dont Wilfred Le Bouthillier signe la chanson finale. – Gracieuseté: Baliverna Film