Les Trois Accords toujours aussi gais après 16 ans

Les Trois Accords sont gais. Au sens littéral et non pas au sens «arc-en-ciel» du terme. Ce qui ne les a toutefois pas empêchés d’aborder l’homosexualité de front sur leur plus récent opus sorti en 2015. Gais aussi de voir que, 16 ans après leur naissance, leur carrière ne semble pas vouloir s’essouffler, bien au contraire.

Voilà que le quatuor de joyeux lurons débarque à nouveau dans notre province ces jours-ci, huit ans après leur dernière visite chez nous et deux albums plus tard (J’aime ta grand-mère en 2012 et Joie d’être gai en 2015).

«Nous avons du rattrapage à faire!», lance d’entrée de jeu Alexandre Parr, guitariste de la formation, en entrevue téléphonique avec l’Acadie Nouvelle.

«Mais nous avons toujours aimé le Nouveau-Brunswick et nous y avons toujours été bien accueillis chaque fois que nous y allons. Nous voulons revenir vous voir plus souvent et nous avons bien l’intention de donner la totale sur scène dans les prochains jours pour vous prouver notre joie d’être avec vous», assure le musicien, précisant que le spectacle sera composé d’un florilège de leurs grands succès ainsi que de chansons plus récentes de leurs deux dernières galettes.

Depuis le lancement sur les ondes, en 2003, de leur tout premier extrait, Hawaïenne, suivi peu de temps après du premier de leurs cinq disques, Gros Mammouth Album, Les Trois Accords roulent leur bosse sur des chapeaux de roues. Mais si on leur avait prédit dès le départ que leur aventure durerait aussi longtemps et serait autant couronnée de succès, les gars de la formation ne l’auraient pas cru, avoue candidement Alexandre Parr.

«J’utiliserais l’analogie du hockey pour parler de notre parcours. Nous avons vraiment été un joueur repêché par la bande dans la ligue nationale de l’industrie musicale. Notre premier contrat a bien fonctionné, le deuxième aussi, puis ça ne s’est pas arrêté. Nous sommes arrivés à un bon résultat sans trop d’attentes. Notre parcours s’est vraiment fait album par album et nous sommes contents de voir que le public nous suit encore.»

Au fil du temps, le groupe que certains considèrent comme des pionniers en matière de chanson dite «absurde» n’a également eu de cesse de vouloir se renouveler, tant au niveau de leur son qu’en matière d’écriture. Alexandre Parr lâche à la blague que le quatuor est passé de 3 à 5 ou 6 accords par chanson et, plus sérieusement, qu’il a aiguisé sa plume à travers les années.

«Notre défi, c’est toujours de se renouveler. Mais nous avons encore plein d’idées. Depuis nos débuts, nous avons réussi à raffiner notre musique et nous essayons toujours d’évoluer. On a toujours voulu mettre la barre plus haute au niveau de notre son et de notre vision musicale, album après album», soutient Alexandre Parr, annonçant au passage qu’un nouveau disque devrait voir le jour au cours de 2018.

Des amours interdites en passant par la puberté et une foule d’autres sujets souvent tabous, Les Trois Accords ont fait de leur engagement sociopolitique mêlé d’humour leur marque de commerce. C’est d’ailleurs pourquoi la formation a voulu aborder l’homosexualité dans Joie d’être gai, enrobé d’un son punk grunge et rock bien assumé.

«Ça faisait un bout de temps que nous voulions explorer ce thème et je pense que le groupe était rendu là. Notre but avec Joie d’être gai, c’est de dire qu’au fond, l’homosexualité c’est une façon d’aimer aussi normale que n’importe quoi d’autre. À travers nos chansons, nous parlons de ça de manière banale.»

Banal, dit-il? Cette épithète semble aux antipodes de l’identité même des Trois Accords. Lorsque nous lui en faisons la remarque, Alexandre Parr pousse un grand éclat de rire.

«C’est vrai qu’au premier degré, notre œuvre a l’air très humoristique et écervelée. Mais il y a toujours un second degré derrière notre humour. Ç’a toujours été dans notre ligne de pensée d’aborder des sujets graves ou tabous avec une certaine folie. Ça permet de faire passer quelques messages engagés qui passeraient peut-être moins bien autrement», affirme Alexandre Parr.

Les Trois Accords seront en spectacle dans le cadre de la tournée Coup de cœur francophone mercredi, à 20h, à la Salle Léo-Poulin d’Edmundston; jeudi, à 22h, au Le 63 de Moncton; vendredi, à 20h, au Centre culturel de Caraquet; et samedi, à 21h, au Centre communautaire de Balmoral.