Noir sur blanc: pour voir les corneilles autrement

Une expo photo sur les corneilles? Quelle drôle d’idée! Capté par l’artiste Julie D’Amour-Léger, cet oiseau d’un noir profond se révèle sur fond blanc, dans des postures insoupçonnées. C’est à découvrir jusqu’au 10 janvier, à la Galerie Bernard-Jean, à Caraquet.

Qu’on l’aime ou qu’on la déteste, la corneille virevolte et danse dans les airs. Celles et ceux qui ne lui accordent pas un regard ratent un spectacle majestueux, dont l’oiseau est le chef d’orchestre. Pour sa troisième exposition, la photographe de Caraquet illustre ce ballet à travers 24 photos.

Ce qui frappe en découvrant le résultat, c’est le contraste entre la noirceur du plumage de l’animal et le décor enneigé, immaculé – les clichés ont été pris cet hiver, en début d’année. D’où le titre de la présentation: Noir sur blanc.

«J’ai toujours eu une fascination pour le noir et blanc. Cela me rappelle l’époque où je développais mes pellicules en chambre noire. Je n’avais jamais retrouvé cette magie avant ce travail», raconte Julie D’Amour-Léger.

Qu’on ne s’y trompe pas, ses photos sont en couleurs. De subtils reflets bleu nuit ici et là l’attestent.

«J’ai joué avec la surexposition. C’est ce qui donne une brillance par endroit et la précision du détail.»

Devant le téléobjectif de Julie D’Amour-Léger, la corneille n’est pas une ombre inquiétante et informe. Elle se dévoile, de la pointe de son bec jusqu’au bout de ses ailes.

Facétieuse et étonnante, elle prend la pose tout en courbures et avec élégance. La crise du verglas, qui a bouleversé l’est de la province, fin janvier-début février, est le point de départ de cette série de clichés.

«Alors que nous nous inquiétions tous pour notre bien-être, je me suis interrogée sur le sort des animaux. J’ai commencé à nourrir les corneilles qui étaient à ma porte.»

L’artiste observe alors le volatile sous un autre jour. Elle s’efforce de les photographier en plein vol.

«Saisir le mouvement d’un oiseau, en photo, est un défi», souffle-t-elle.

Ce qu’elle découvre sur l’écran de son ordinateur la surprend. Elle y perçoit une beauté poétique qu’elle souhaite transmettre au visiteur. Certaines personnes qui ont vu l’exposition y sont sensibles.

«Impressionnant!», a écrit Bernadette Thériault dans le livre d’or.

«Photos très inspirantes», considère Jessica Savoie.

«Ça me fait aimer les corneilles», confie Colette Dugas-Cormier.

Julie D’Amour-Léger œuvre régulièrement pendant les tournages de fiction pour la télé et le cinéma, à titre de photographe.

«Sur un plateau, je n’ai pas autant de libertés. Je reproduis le point de vue de la caméra et montre les coulisses. Dans une démarche artistique, je crée, du début à la fin, un projet qui me rend fière.»

L’expo Noir sur blanc a été, en partie, financée par le Fonds communautaire pour le 150e anniversaire du Canada.