Les multiples facettes de Shaun Ferguson

Avec son deuxième album, Résilience, Shaun Ferguson déploie sa création en dégainant un folk assumé mêlé de blues et de roots sautillants. Le guitariste conserve également sa signature contemporaine et sérielle planante tout en ajoutant une corde de plus, vocale celle-là, à son arc fin prêt à décocher de nouvelles flèches musicales dans les oreilles du public.

À quelques heures de la sortie de son second opus et de la série de lancements-spectacles qui l’accompagneront, Shaun Ferguson sent la nervosité monter en lui.

«C’est sûr que je commence à ressentir un certain stress. Veux, veux pas, c’est toujours une mise à nu que de lancer un projet de création comme celui-là. En même temps, j’ai hâte de recevoir l’énergie du public lors des lancements du disque. Ça va me nourrir pour la suite des choses», mentionne Shaun Ferguson en entrevue avec l’Acadie Nouvelle.

On l’a déjà dit, Résilience révèle de nouvelles couleurs plus folk et plus mordantes par rapport à Ascensions, sorti en 2011. L’habillage musical, quoique toujours riche sur le plan guitaristique, est aussi un peu plus sophistiqué, notamment en raison de l’ajout de certains instruments, comme la contrebasse, le violon ou encore quelques percussions.

«Dans le fond, le folk, c’est un peu la musique du peuple. C’est dans les racines culturelles de certaines régions du pays et de l’Amérique. J’ai écrit la plupart des pièces pour guitare solo à la base, mais pour faire un spectacle plus long et plus complet, il fallait que je modifie certains arrangements pour y inclure d’autres instruments. J’avais aussi envie d’évoluer vers ça. Je suis peut-être en train d’entrer dans une formule trio sur scène plus établie», souligne le guitariste et compositeur de Caraquet. Dans Résilience, il est notamment accompagné de Pascal Miousse (Vishten), Marty Melanson et Clinton Fernandes.

Pour Shaun Ferguson, cette évolution musicale s’inscrit tout naturellement dans son parcours. Avec les années, l’artiste confie s’être affranchi de certaines barrières et s’estime désormais plus libre de faire ce qu’il a envie.

Notamment de chanter, chose qu’il fait dans deux pièces de Résilience: Hard Times Killin’ Floor Blues, du légendaire bluesman Skip James, et Le Chant d’Hélium, de Marie-Jo Thério. Une voix ronde et feutrée dont il n’a d’ailleurs pas à rougir, bien au contraire.

«Je commence vraiment à apprivoiser mes cordes vocales. J’avais chanté sur scène pour la première fois il y a environ 10 ans, pendant une série de spectacles à la Boîte-Théâtre de Caraquet. Je reprenais une chanson de Sting. Par la suite, je me suis davantage concentré sur la guitare, mais des gens me disaient souvent qu’ils aimeraient m’entendre chanter de nouveau. J’ai donc décidé d’intégrer ma voix à Résilience», précise Shaun Ferguson.

Shaun Ferguson lancera son album Résilience le 7 décembre à Caraquet (Foyer du Centre culturel, à 19h), le 9 décembre à Petit-Rocher (Bistro Cœur d’Artishow, à 18h), le 14 décembre à Lamèque (Aloha Café-Boutique, à 19h), le 15 décembre à Tracadie (3e de l’Académie Sainte-Famille, à 19h) et le 21 décembre à Moncton (Centre culturel Aberdeen, à 21h).