De la science-fiction et de l’horreur à Shippagan!

Une mère folle, des élèves futés se servant de leur intelligence à dessein machiavélique, une école menacée de toutes parts, tout ça à la veille du congé de mars… Scénario de film de science-fiction mêlé d’horreur, vous dites? En plein dans l’mille, et conçu qui plus est par des élèves de l’école L’Envolée de Shippagan sous la houlette de Chris LeBlanc.

Scénario peu banal qu’élaborent depuis quelque temps des élèves apprentis cinéastes de L’Envolée. Entre l’invention d’un «extincteur vivant», une dame à la méchanceté digne d’une sorcière qui troque ses enfants pour d’autres, «plus beaux», pour un voyage «familial» à Disney World et la falsification de l’examen final du ministère, le film, intitulé Mission mars, ne manque pas de rebondissements et d’inventivité.

Le film sera tourné au cours des prochains jours et des prochaines semaines dans les murs mêmes de l’école. Le cinéaste acadien Chris LeBlanc a accompagné les jeunes participants dans le processus, tout en les laissant libres de déployer leur créativité sans pudeur.

«Je crois beaucoup dans l’expression libre, sans censure. La société nous impose toutes sortes de limites, mais dans l’art, il n’y a pas de tabous. C’est ce que je voulais transmettre aux jeunes dans les ateliers préparant l’écriture du scénario», souligne Chris LeBlanc.

Le cinéaste avait joué le même rôle d’accompagnateur l’an dernier avec des élèves de l’École Marie-Esther pour la réalisation du vidéoclip de la chanson Super Chiac Baby. Cette année, il récidive avec le court-métrage Mission mars à l’école L’Envolée. Les deux projets sont rendus possibles grâce à une aide financière de La Maison de la Culture.

«J’avais vraiment tripé l’an passé avec les jeunes de l’école Marie-Esther et je tripe autant cette année avec ceux de L’Envolée. Quand on jumelle un artiste avec des jeunes, on pense souvent que c’est une communication à sens unique, que l’artiste dit un peu aux jeunes quoi faire. Mais dans mon cas, ce n’est pas ça du tout. J’apprends autant d’eux qu’eux apprennent de moi», relève le cinéaste qui compte cette année 30 ans de carrière.

«Les jeunes sont très ‘‘cinélittéraires’’. Ils sont très sensibles à la trame de fond de l’histoire qu’ils veulent raconter. Ils ont une imagination sans limites et il faut les encourager à l’exprimer», ajoute-t-il avec insistance.

Mission mars se veut à la fois un film de science-fiction, d’horreur et de musical anti-Disney, mais néanmoins fantasmagorique. Outre les jeunes devant et derrière la caméra se greffent d’autres personnalités connues au projet, dont Sandra Le Couteur, qui incarne la méchante du film, ainsi que Christian «Kit» Goguen, qui en signera la musique.

«Le film renferme plusieurs allusions aux mauvais comportements que peuvent avoir les jeunes et ce qui les incite à agir de la sorte. En plus d’être créatifs, les jeunes démontrent aussi une forte conscience sociale qu’ils ont aussi utilisée pour bâtir le scénario», note Chris LeBlanc.

Le film devrait être présenté en grande première à Shippagan durant le congé de mars.