Les chansons du groupe 1755: un legs et un devoir de mémoire

Le monde a peut-être bien changé, mais le groupe 1755, lui, semble être resté suspendu au temps. C.B. Buddy, Vivre à la baie, U.I.C., La maudite guerre… Autant de titres à succès et bien d’autres qui résonnent encore dans nos oreilles, même après 40 ans.

Éternelles, les chansons de «17», comme on aime parfois surnommer la formation? Les prochaines décennies le diront. Mais puisque les écrits restent et que tous les airs du groupe sont maintenant regroupés dans un recueil paroles et partitions imprimé, le livre Les chansons du groupe 1755 marque un peu plus l’oeuvre du groupe du sceau de l’immortalité.

Le recueil des chansons de 1755 risque bien de se retrouver sous plusieurs sapins de Noël cette année. Selon Pierre Robichaud, chanteur du groupe, le livre publié aux Éditions de la Francophonie reçoit un accueil enthousiaste auprès du public et constitue une sorte de legs à la postérité.

«Moi et les autres membres du groupe cherchions une façon de célébrer notre 40e anniversaire d’une manière particulière. Ça nous a pris au moins un an et demie à faire le livre. David Boutin nous a donné un bon coup de main à l’écriture des partitions. Nous avons aussi pris le temps de choisir quelques photos d’archives et de bien réécrire nos paroles de chansons. Nous sommes bien heureux du résultat», mentionne Pierre Robichaud.

Les musiciens de tous les niveaux comme les moins connaisseurs en musique sauront chacun trouver leur compte dans le bouquin.

«Les partitions sont faciles à lire tout comme les paroles. Les pianistes, les violonistes et même ceux qui veulent apprendre à jouer de la guitare vont savoir apprécier le livre et jouer nos chansons dans leurs propres familles», assure le leader du groupe légendaire.

Pour les membres de 1755, le livre est d’autant plus important qu’il constitue aussi un devoir de mémoire envers le poète feu Gérald Leblanc, qui a été un acteur central en écrivant de nombreux textes pour la formation. Le recueil rappelle d’ailleurs à quel point 1755 n’aurait pas été ce qu’il est sans l’apport de l’écrivain.

«Ce n’est pas pour rien que le livre lui est dédié, parce que Gérald était un membre à part entière du groupe. Nous nous étions rencontrés complètement par hasard dans les années 1970. Moi et d’autres gars du groupe étions dans un café. On riait et on grattait un peu de guitare. Gérald s’est approché de nous et nous avons commencé à jaser. Il nous a par la suite proposé deux textes: Je chante pour toi et Rue Dufferin. C’est parti comme ça», se souvient Pierre Robichaud.

Le chanteur avance même que c’est Gérald Leblanc qui l’a incité ainsi que d’autres musiciens du groupe à composer à leur tour.

«Il est rapidement devenu notre meilleur ami et nous lui devons en grande partie notre carrière», appuie Pierre Robichaud.

Quarante ans plus tard, le véhicule de 1755 roule toujours sur des chapeaux de roues. Bien qu’il fut dans l’air du temps que le groupe lance un album de nouvelles chansons, le public réclame toujours les anciens succès.

«C’est toujours un dilemme pour nous entre présenter nos nouvelles compositions – nous en avons une douzaine en banque – et chanter nos vieux succès. Je pense que même si on écrivait la meilleure chanson au monde, il y en a toujours un qui nous dirait que c’est moins bon que C.B. Buddy. Par contre, ce qui est plaisant et surprenant, c’est que les nouvelles générations connaissent toutes nos chansons par coeur et les chantent avec nous quand nous sommes sur scène. Rien que de recevoir ça, ça nous fait plaisir de reprendre nos chansons année après année», exprime Pierre Robichaud avec entrain.

Le groupe devrait d’ailleurs reprendre la route cet été. Les demandes de spectacles commencent à rentrer de divers endroits dans les Maritimes.

«Nous avons déjà deux shows de confirmés: au début juin à Havre-Saint-Pierre et le 7 juillet aux Îles-de-la-Madeleine. Nous sommes également en discussions pour d’autres événements», déclare Pierre Robichaud.