Les coups de coeur culturels de… Anne-Marie Provost

NDLR: La jeune journaliste Anne-Marie Provost aime dire qu’elle s’intéresse à tout ce que les gens ne savent pas encore. Elle le démontre avec ses coups de coeur culturels pour 2017. Dans cette liste, elle n’hésite pas de sortir des sentiers battus et nous faire découvrir ce qui l’a allumée au cours des 12 derniers mois.

Barry Jean Ancelet

L’auteur et universitaire cadien francophone de Louisiane était de passage cette année au Salon du livre de Shippagan.

Barry Jean Ancelet a fait beaucoup pour le français en Louisiane. Il venait présenter son Anthologie de la littérature louisianaise d’expression française, vraiment intéressante à lire, et le conte Jean le Chasseur et ses chiens.

Je le connaissais déjà à travers l’album qu’il a réalisé l’année dernière avec Sam Broussard, Broken Promised Land. Un opus qui a été nommé pour un Grammy dans la catégorie Regional Roots. C’est un excellent album, nuancé, que j’apprécie encore plus après chaque écoute.

Jass-Sainte Bourque

La communauté LGBT de la province prend sa place et l’Acadien Xavier B. Gould, qui incarne Jass-Sainte Bourque, a développé sa propre approche artistique. J’apprécie pas mal son non-conformisme et la façon dont il joue sur les codes de genre masculin et féminin.

J’ai trouvé comique sa vidéo Boycott l’anglais aux Jeux, un clin d’oeil à la polémique entourant le slogan Right fiers des Jeux de la francophonie. Pour citer un extrait :

«Moi je boycotte les Anglais, je vais boycotter tous les anglophones. Pis je vais arrêter de dire des mots en anglais, ‘cause je suis done… de dire du stuff comme… double double (accent anglais) quand je vais au Tim. So from now on je vais dire double double (accent français). Ou everytime que j’va au Dairy Queen ou au Bennic ou wherever, j’va plus dire un small cone. J’va dire… un small cornet.»

Shaun Ferguson

Shaun fait partie des premières personnes que j’ai rencontrées à Caraquet lorsque j’ai déménagé là cet été. Mais je n’avais jamais entendu sa musique que jusqu’à tout récemment (et je m’en mords les doigts!), au lancement de son album Résilience.

Sa musique instrumentale a fait voyager mes pensées très loin et j’ai été impressionnée par la profondeur et l’intelligence de ses pièces. Et sa voix, quel plaisir de l’entendre!

Le Pow-wow de Esgenoopetitj(Burnt Church). – Archives

Les pow-wow

J’ai assisté à mon premier pow-wow à vie à la Première nation d’Esgenoôpetitj, cet été. Le pow-wow était ouvert à tous et j’ai aimé observer les différents régalia (vêtement traditionnel). Certains étaient carrément impressionnants!

Mais se sont vraiment les joueurs de tambours qui m’ont le plus fasciné, avec leurs rythmes et leurs variations de voix qui venaient me chercher au plus profond du coeur.

La Grande messe des Hay Babies et des Hôtesses

Un grand spectacle? Dans une église? Avec de joyeux lurons? J’achète!

La Grande messe des Hay Babies et des Hôtesses d’Hilaire cet été à Moncton synthétise pas mal de choses que j’aime du milieu culturel acadien : un grand évènement hétéroclite qui ne ressemble pas à quelque chose que j’ai déjà vu, avec une créativité folle, de la poésie, des mises en scène, une dose de critique sociale, des costumes et de la bonne musique.

Petunia

Petunia est un personnage à l’âge indéfinissable et qu’on dirait sorti tout droit d’une autre époque, avec des pantalons trop courts, une vieille chemise à carreaux et des cheveux noirs lissés par en arrière.

Le musicien canadien était de passage en tournée au Nouveau-Brunswick cet automne et je l’ai vu en spectacle au café Maris Stella à Bas-Caraquet. Dès la première note, j’ai tout de suite été aspirée dans son univers musical hybride et un peu dur à décrire. Disons que ça m’a évoqué du vieux country mêlé de bluegrass et de rock. Et sa voix, profonde, pleine de variations, est formidable.

Mathieu Chouinard dans Comme un seul Grum. – Gracieuseté

Comme un seul Grum

Cette coproduction du Théâtre populaire d’Acadie et de Satellite Théâtre a été en tournée au Nouveau-Brunswick cet automne.

J’ai tout aimé de cette pièce hors du commun : la thématique, la musique jouée en direct, l’approche clownesque et sans paroles des acteurs, les maquillages, les décors, les costumes.

Et j’ai particulièrement aimé le processus particulier de création derrière la pièce. Le metteur en scène me racontait que les scènes ont pris forme sur un long jeu d’improvisation des trois acteurs.

Les Retrouvailles

J’ai vraiment aimé le concept des Retrouvailles, une sorte de caravane de soupers gastronomiques offerts à Caraquet.

Plusieurs fins de semaine depuis cet été, deux chefs de Moncton et un Maître D sont montés dans la Péninsule acadienne pour proposer des menus en plusieurs services.

La série gastronomique a été menée par Ben Cormier, originaire de Lamèque, et son ami Jon Morrison, qu’il a connu alors qu’il travaillait au Little Louis’ à Moncton.

Les Retrouvailles seront de retour pour la Saint-Valentin et peut-être même avant. Mais Ben Cormier aimerait ouvrir un restaurant permanent la fin de semaine à l’emplacement du feu Déjà Bu. Ce ne sera pas de trop dans la Péninsule !

Les lampes du père Edmond Thériault

Cet été, j’ai visité une exposition de lampes du père Edmond Thériault au presbytère de Caraquet. Ça m’a étonné d’apprendre qu’il a un gros four chez lui dans lequel il fait de la fusion de verre, pour faire des lampes colorées au design intéressant.

L’artiste verrier est plutôt discret sur sa technique et une bénévole au presbytère m’a raconté que c’est une des connaissances du père Edmond Thériault qui l’a convaincu de montrer ses oeuvres au public. Une belle idée !

The PepTides au Plan B

Je suis restée plusieurs mois à Moncton avant de déménager dans la Péninsule acadienne et j’allais au Plan B au moins une fois par semaine pour écouter des groupes de musique.

Je ne connaissais pas The Peptides (un groupe canadien) et je suis allée les voir par hasard en juin avec une amie en visite. Ça a été un de mes meilleurs spectacles depuis mon arrivée au Nouveau-Brunswick !

Le groupe électro-disco-funk était hyperénergique et très fort sur la mise en scène. Les habits un peu loufoques. Il faut aussi dire que leur nombre aide: ils sont cinq chanteurs et quatre musiciens.