L’opéra Daphnis et Chloé: la beauté dans la simplicité

L’Atelier d’opéra de l’Université de Moncton plonge dans l’univers de la mythologie en présentant l’opérette Daphnis et Chloé de Jacques Offenbach. Composée au 19e siècle, cette œuvre traite d’un amour naissant entre deux adolescents.

Toujours très attendue, la production de l’Atelier d’opéra marque cette année le retour de la professeure de chant Lisa Roy qui reprend la barre de l’atelier après six années d’absence.

En réintégrant son poste de professeur en septembre après avoir occupé celui de doyenne de la Faculté des arts et des sciences sociales, elle revient à ses premiers amours.

«J’avais tellement hâte d’enseigner que dès que j’ai commencé en septembre, j’étais vraiment heureuse d’assumer la direction artistique de l’Atelier d’opéra à nouveau parce que c’est tellement signifiant pour l’apprentissage des étudiants. C’est un grand bonheur», a exprimé Lisa Roy au cours d’un entretien dans les coulisses du Théâtre Capitol à Moncton où sera présenté l’opéra Daphnis et Chloé.

Ce sera une première collaboration pour la comédienne et professeure d’interprétation, Karène Chiasson, qui signe la mise en scène du spectacle. Celle qui a mis en scène des pièces de théâtre au Pays de la Sagouine et aux Productions l’Entrepôt accueille ce nouveau projet avec beaucoup d’enthousiasme.

«J’adore les défis et j’aime apprendre dans tous les projets que j’entreprends et ça, c’est un projet que je savais que j’aurais de belles choses à vivre, à apprendre et à découvrir. Si on arrête d’apprendre, on arrête de créer», a-t-elle partagé.

Lisa Roy a choisi cette œuvre de Jacques Offenbach d’abord pour des raisons pédagogiques. C’est une pièce accessible qui met en valeur les forces vocales de chacun des six solistes de la classe de chant.

La finissante en chant Madeleine Albert de Cocagne, qui incarne Chloé, est ravie.

«Je suis vraiment contente parce que ça va vraiment avec ma voix. Je suis soprano colorature. Cette année, vous allez entendre des notes plus aiguës», a souligné l’étudiante qui ressent un petit pincement au coeur puisque c’est sa dernière production avec l’Atelier d’opéra.

«C’est fou comme je suis chanceuse d’avoir fait quatre opéras et j’ai seulement 22 ans. J’ai beaucoup appris à me connaître. J’ai appris que j’adore le théâtre, la scène et chanter. Je veux continuer dans ce domaine», a indiqué l’artiste qui envisage de poursuivre des études de maîtrise en chant à l’Université de Toronto.

Au coeur de la mythologie

L’œuvre musicale a été composée au XIXe siècle et le texte date du IIe siècle.

Madeleine Albert admet que cette histoire est bien loin de sa réalité, mais justement c’est la beauté de l’opéra, de jouer des personnages complètement différents.

Chloé est une jeune bergère qui éprouve des sentiments amoureux pour le jeune berger Daphnis. Les deux adolescents qui cherchent à comprendre leurs états d’âme découvrent peu à peu ce qu’est l’amour.

Dans cette œuvre fantaisiste, le Dieu Pan et les bacchantes tentent à leur manière d’éloigner les deux amoureux.

Comme c’est une opérette, tous les numéros musicaux sont intercalés de dialogues, permettant ainsi aux chanteurs de développer leur talent d’acteur.

«Premièrement, l’opéra m’a beaucoup parlé parce que j’adore la mythologie grecque et romaine. Ce sont tous des personnages qu’on peut retrouver dans la mythologie. J’ai fait une recherche de personnages pour avoir un tableau d’ensemble. Je voulais aller dans l’antique, pas faire quelque chose de futuriste. J’avais le goût que ce soit léger, que ce soit beau et qu’on ait du plaisir», a partagé Karène Chiasson qui a fait appel à Marc Lamontagne pour la scénographie. Les interprètes évolueront dans un décor de pâturage, sur une scène en angle.

En plus des six solistes, la distribution comprend un choeur de cinq chanteuses et un orchestre de 10 musiciens dirigés par Tony Delgado.

C’est présenté en français, avec des surtitres en anglais, dans un arrangement instrumental de Daniel Schlosberg pour petit orchestre, créé en 2015 pour une production de New York.

Lisa Roy précise que c’est une histoire simple et limpide.

«C’est la beauté dans la simplicité parce que la musique est vraiment jolie. C’est une musique qui s’apprend facilement. Probablement qu’en sortant de la salle, il y a pas mal de gens qui vont fredonner des airs. La musique reste collée, c’est comme un ver d’oreille.»

En première partie, les étudiants offriront quelques grands airs d’opéra du répertoire français. Le spectacle est présenté à deux reprises, soit le samedi 27 janvier à 19h30 et le dimanche 28 janvier à 14h.