Lost Bayou Ramblers a fait briller l’Acadie aux Grammys

L’Acadie a vibré sous les yeux du monde dimanche, à la cérémonie des prix Grammy. Le groupe cadien Lost Bayou Ramblers, qui avait charmé la foule en 2010 au Festival acadien de Caraquet, a remporté son premier trophée en carrière pour son plus récent disque, Kalenda.

Moins de 24 heures après avoir reçu les honneurs dans la catégorie Meilleur album de musique roots régionale, la formation de Lafayette n’était pas encore débarquée de son nuage, selon le chanteur et cofondateur de Lost Bayou Ramblers, Louis Michot.

«Quand nous avons entendu le nom de notre groupe, nous avons crié très fort et mon frère a commencé à sautiller!», souligne-t-il dans un français impeccable avec un accent à peine plus prononcé que leur compatriote, Zachary Richard.

Pour le groupe que Louis Michot a fondé en 1999 avec son frère, André, ce Grammy constitue leur premier en carrière et leur seconde nomination seulement à la prestigieuse cérémonie.

Cela à l’heure où Lost Bayou Ramblers comptait prendre une pause indéterminée après leurs derniers spectacles en mai.

«Nous y songions depuis un certain temps. Veux, veux pas, quand tu roules depuis autant d’années, tu te demandes si tu peux encore te renouveler au niveau musical», avoue Louis Michot.

Ce premier Grammy en poche pourrait toutefois changer la donne.

«C’est sûr que si ça nous incite à continuer et que ça fait augmenter la demande du public pour nous voir en spectacle. Nous allons continuer encore un petit bout», lâche-t-il avec un sourire dans la voix.

Même si les membres de Lost Bayou Ramblers songent éventuellement à ralentir la cadence, cela ne veut pas dire pour autant qu’ils ont perdu la flamme, assure le chanteur du groupe. Dix-neuf ans et neuf albums plus tard, la bande a toujours le feu sacré pour la musique.

«C’est un très grand honneur que de recevoir un Grammy après autant d’années. Nous l’apprécions beaucoup, mais en même temps, nous ne faisons pas de la musique pour être récompensés. Nous en faisons parce que nous aimons ça et quand tu aimes ce que tu fais, ce n’est pas un métier: c’est une passion», appuie Louis Michot.

Lost Bayou Ramblers est également conscient que par la nature même de sa musique ainsi qu’en raison de son identité, la formation est un peu le porte-étendard d’une Acadie à la fois survivante et à la croisée des chemins.

«Quand j’ai appris à parler français après plusieurs années à n’avoir parlé qu’en anglais, j’ai retrouvé des racines que j’avais perdues. Ma langue d’origine, c’est quelque chose qui me manquait dans ma vie. Pour de plus en plus de cajuns aujourd’hui, c’est important pour eux de se reconnecter avec leur histoire. La musique est un bon véhicule pour ça», soutient Louis Michot, qui a d’ailleurs entamé son discours de remerciement en français dimanche soir, en cueillant le Grammy.

«C’était important pour moi de le faire, pour faire honneur à notre culture et à notre fierté», renchérit-il.