Moment de réflexion devant les œuvres de Lionel Cormier

Les tableaux de Lionel Cormier se découvrent un peu comme des livres. Pour cet artiste de Grand-Barachois, toute l’importance de la peinture repose dans les interactions qu’elle suscite entre l’oeuvre, le créateur et le public.
Le directeur de la Galerie Bernard-Jean du Centre culturel de Caraquet, Denis Lanteigne, rêvait depuis longtemps de présenter une exposition de Lionel Cormier. À son avis, cet artiste, dont la feuille de route est bien garnie, excelle dans son domaine.

«Je passe souvent à Moncton depuis dix ans et je croise Lionel Cormier dans les galeries d’art, puis j’ai découvert son travail et pour moi, c’est un travail super important au niveau de la peinture au N.-B. Il s’inscrit dans la mouvance de l’expressionnisme abstrait et il figure parmi les peintres qui se distinguent dans la province», soutient Denis Lanteigne.

L’exposition rassemble cinq grands tableaux (huiles sur toile) et huit petites acryliques sur papier réalisés entre 2002 et 2016. En entrant dans la galerie, les visiteurs sont subjugués, assure Denis Lanteigne.

«Ce sont de grandes surfaces et c’est vraiment bien structuré, comme les couleurs et l’effet qui sort de ses tableaux. C’est lumineux. C’est de l’expressionnisme et c’est réussi. Ce n’est pas tout le monde qui réussit ça. C’est un homme qui est habité et qui a le talent. Il maîtrise son art», a-t-il poursuivi.

Denis Lanteigne compare la force des œuvres de Lionel Cormier à celles de la peintre québécoise Françoise Sullivan.
L’artiste explique qu’avec ses tableaux, il veut offrir une pause pour permettre aux visiteurs de réfléchir à la signification de l’oeuvre. Nul besoin de tout comprendre, mais de se laisser aller à la méditation et à la réflexion. Pour Lionel Cormier, tout est dans l’interaction. Il se réfère souvent au symbole du creuset de l’alchimiste dans son travail.

«J’ai des symboles qui viennent de mon vécu puis j’encourage le public à en faire sa propre interprétation avec son vécu individuel. C’est pour ça que je ne mets pas de titre à mes œuvres. Je laisse la liberté au spectateur», a expliqué Lionel Cormier.

«Je dis toujours que la peinture n’existe pas vraiment tant que le spectateur ne commence pas à regarder l’oeuvre, sinon ce sont juste des couleurs et des lignes. On peut comparer ça à un livre. Avant qu’une personne commence à lire un livre, il n’y a rien qui se passe avec le livre.»

Influencé par les écrits de philosophes et de scientifiques, Lionel Cormier s’inspire de toutes les interactions dans l’univers tant sur le plan social que physique. Des écrivains comme Edgar Morin, Paul Claudel, le critique littéraire Northrop Frye et le physicien Stephen Hawking le nourrissent.

Curieux de nature, l’artiste s’intéresse à tout ce qui se fait sur la scène artistique. Il a été membre du conseil d’administration de la Galerie Sans Nom, de l’Atelier d’estampe Imago et de la Galerie 12. Il se passionne pour la peinture. Tous les jours, il travaille dans son atelier à Grand-Barachois afin de créer ses œuvres.

L’artiste qui a à son actif plus de 80 expositions solos et collectives n’a pas exposé souvent ses œuvres dans le nord de la province. C’est la première fois qu’il présente une collection de peintures à Caraquet. L’exposition est présentée jusqu’au 10 mars.

En août, il aura une exposition à la Galerie 12 . Il participera aussi à l’exposition annuelle à l’Église historique de Barachois. Ses oeuvres font aussi partie de plusieurs collections publiques et privées.