Les artistes réclament un lieu commun de création à Caraquet

Plusieurs personnes se sont réunies cette fin de semaine pour débattre de l’avenir de la culture à Caraquet, sur l’invitation de la Commission culturelle. La rencontre a permis de lever le voile sur le besoin d’un lieu de création et de rencontre pour les artistes de la région.

Les idées s’entrechoquaient samedi matin dans le foyer du Centre culturel de Caraquet. Quelques dizaines de personnes étaient assises en rond alors que certaines se levaient pour aller au centre, écrire leurs idées sur un carton pour ensuite le coller sur le mur.

Le but, rallier les autres participants à son projet culturel dans l’espoir de le voir se concrétiser. La journée de réflexion, importante pour la Commission culturelle, avait été un moteur pour l’émergence des résidences d’artistes Les Hangars lors de sa dernière édition, il y a deux ans.

Artistes, poètes, gens du Théâtre populaire d’Acadie, du cinéma du Centre, du Marché régional ou du Salon du livre de la Péninsule acadienne, photographe, gens issus du milieu politique, de l’éducation ou de l’économie: les participants provenaient de plusieurs horizons.

Un constat s’est rapidement imposé: le besoin pour les artistes d’avoir un lieu de création et de rencontre, bref de sortir de la bulle de leur champ respectif et faire émerger des œuvres ou des projets.

«Le Centre culturel, qui se voulait comme ça, ne l’est pas. Ou du moins il l’est en partie», remarquera à un moment l’animatrice de la journée, la consultante Nancy Juneau. «Ce n’est pas un lieu de création, mais de diffusion. Nous avons encore ce besoin», lancera un participant.

Les participants se sont divisés dans des ateliers pendant une partie de la journée. Réunis dans la Galerie Bernard-Jean, entourés des tableaux de Lionel Cormier, la question a été discutée de fond en comble par les intervenants d’un groupe.

À la fin, les participants de l’atelier ont carrément proposé la mise sur pied d’un village d’artistes, un «laboratoire multidisciplinaire» dans l’aréna, dans l’optique où un nouvel aréna sera construit et que l’ancien bâtiment pourrait peut-être encore servir.

«Ce serait bien d’avoir un lieu où les artistes pourraient rencontrer les gens et les touristes. Et on a vu que de ce noyau-là, il pourrait émerger beaucoup d’idées», a souligné Isabelle Roy, qui travaille au Théâtre populaire d’Acadie.

«Allumer l’étincelle de la vie culturelle»

Mais une réalité demeure, c’est la difficulté de mettre en œuvre les idées, aussi bonnes soient-elles.

Un autre groupe, plus ancré dans la communication et l’aspect organisationnel, a ramené sur le plancher un projet qui circule depuis quelque temps déjà, celui de faire un calendrier commun pour les évènements culturels de la région.

On propose un calendrier avec un volet public et interne pour les gens qui veulent organiser des évènements.

«Ce serait un calendrier de travail principalement pour les organismes, pour éviter les doublons et qu’on ne se pile pas sur les pieds. Ça fait plusieurs années que le dossier est sur la table et qu’on peine à le régler», précise Jonathan Roy, directeur sortant de la Commission culturelle de Caraquet.

Le directeur sortant fera un rapport avec les idées mises de l’avant par les participants.

«Le but est de venir chercher l’opinion du public pour l’amener vers l’instance municipale pour faire des recommandations en matière de culture», explique-t-il.

Mais ce genre de rencontre a aussi son importance dans la pratique.

«C’est de maintenir, d’allumer l’étincelle de la vie culturelle. La confiance que c’est faisable et qu’il y a du chemin à faire, qu’on est capable de le faire», souligne Jonathan Roy.