La fièvre de l’humour s’empare du sud-est du Nouveau-Brunswick

L’humour n’a jamais été aussi populaire, estime le président du Festival HubCap, Marshall Button. Avec un plus grand nombre d’humoristes francophones et de lieux de diffusion, l’événement qui étend ses activités jusqu’à Shediac pourrait franchir des records d’assistance cette année.

«Je crois que l’humour n’est pas mort», a déclaré avec enthousiasme le président du 18e Festival HubCap, Marshall Button, mieux connu comme Lucien le col-bleu acadien.

Avant même que l’événement prenne son envol, près de 70% des billets se sont écoulés. Du jamais vu, selon le président. Quelques spectacles, dont celui de Jean-Michel Anctil, Thursday Night for Laught et le gala bilingue animé par Jass-Sainte Bourque affichent déjà complet. Les organisateurs espèrent dépasser les 10 000 entrées cette année.

«Nous sommes ravis des ventes. Nous n’avons pas juste augmenté le nombre d’humoristes, mais le nombre de spectacles. Cette année, on fait trois spectacles à Shediac sur trois fins de semaine. C’est nouveau. On a commencé avec un spectacle francophone et on a eu une salle comble samedi soir», a indiqué le président.

En 2017, ce sont six humoristes francophones qui étaient à l’affiche du festival. Cette année, la distribution francophone a doublé avec 12 humoristes. On compte une vingtaine d’humoristes anglophones. Outre les têtes d’affiche, de nombreux artistes de la région se produisent sur différentes scènes du festival. En revenant à un modèle de festival sur deux fins de semaine, les organisateurs ont voulu donner un nouveau souffle à la programmation francophone. Marshall Button estime que de plus en plus d’humoristes commencent à faire leur chemin au Nouveau-Brunswick.

«C’est intéressant de voir comment la scène a grandi depuis le commencement du festival. Des gens comme Nathan Dimitroff, Martin Saulnier, Jean-Sébastien Levesque étaient des débutants il y a quelques années, et maintenant ils sont des professionnels de l’humour, c’est-à-dire qu’ils sont payés pour faire de l’humour.»

Certains d’entre eux participent au festival depuis les débuts. C’est le cas du comédien Robert Gauvin.

«C’est le festival qui a mis la lumière sur la Revue acadienne et sur nos talents en stand-up. Il commence à en avoir beaucoup. Il y en a de tous les âges comme Martin Saulnier, Éric Chiasson et Roger LeBlanc. Ce sont des gens qui n’ont pas nécessairement étudié en théâtre, mais qui sont capables de faire un bout de chemin en stand-up», a commenté le comédien d’expérience.

Vivre de l’humour, rêve ou réalité…

Robert Gauvin admet que si la scène francophone connaît un bel essor, il reste que peu d’artistes arrivent à vivre uniquement de l’humour. Robert Gauvin, qui est comédien, auteur et metteur en scène au théâtre et au Pays de la Sagouine, souligne que le stand-up est une activité parallèle.

«Il faudrait au minimum faire deux spectacles par semaine à l’année pour être capable de vivre de ça. On n’est pas encore rendu là parce qu’on n’a pas la population. S’il y a une ouverture dans le reste du pays, ça pourrait devenir viable», a partagé Robert Gauvin.

Roger LeBlanc a fait ses débuts en humour en participant aux concours amateurs du Festival HubCap. Il rêvait de faire partie d’un des galas du festival. Même s’il n’a jamais remporté les honneurs, il a continué de donner des spectacles dans plusieurs événements. Celui qui travaille dans le domaine des ventes et qui cumule des records Guinness de cascades en véhicule tout terrain est aussi humoriste à ses heures. Il donne entre 20 et 25 spectacles par année.

L’humour est un passe-temps pour Roger LeBlanc. Sur sa liste de rêves figurait une prestation à un gala du Festival HubCap. C’est fait: l’humoriste et cascadeur âgé de 53 ans sera de la distribution du Gala des Rendez-vous de la francophonie au Théâtre Capitol, aux côtés de Jean-Michel Anctil.

«Je vais présenter mon matériel le plus solide avec des blagues reliées à la région. Je m’inspire beaucoup de mes expériences personnelles.»

En plus de se produire au Théâtre Capitol, à la Caserne et à la Salle multifonctionnelle à Shediac, les humoristes présenteront leurs numéros dans 12 bars et restaurants de la région. De nouveaux établissements, surtout à Dieppe, accueillent des humoristes francophones.

Le festival se déroule du 7 au 17 février et les spectacles francophones sont présentés durant la deuxième fin de semaine, du 15 au 17 février. Ils ont reçu déjà huit inscriptions pour le concours amateur l’Acadie Juste pour rire qui sera présenté le 15 février au St.Louis Bar & Grill à Dieppe.

«Il y a quelques bars qui sont complets depuis quelques semaines. Du côté francophone, les billets se vendent bien, mais c’est davantage à la dernière minute parce que c’est un volet qu’on est en train de développer», a ajouté Marshall Button.

BDV

Robert LeBlanc s’est mérité une place parmi les humoristes qui participeront au gala du festival. – Gracieuseté