Le vinyle en vedette dans une exposition de Jennifer Bélanger

Douze collectionneurs de disques vinyles ont ouvert leurs portes à l’artiste Jennifer Bélanger pour un projet d’exposition qui explore cette pratique.

Depuis quelques années, le vinyle semble connaître un regain d’intérêt. De plus en plus de musiciens reviennent au traditionnel microsillon. Or, ce n’est pas d’hier que des mélomanes collectionnent des vinyles comme en témoigne la nouvelle exposition de Jennifer Bélanger, Long jeu. L’artiste de Moncton, qui possède quelques vinyles, surtout du vieux country, raconte qu’elle a toujours été entourée de collectionneurs de long jeu.

«C’est quelque chose que je trouvais intrigant et j’ai pensé que ce serait intéressant de présenter certaines facettes de cette pratique au public», a partagé Jennifer Bélanger.

Pour réaliser son projet, elle a lancé un appel via les réseaux sociaux pour finalement retenir 12 collectionneurs de différentes générations. Elle les a rencontrés afin de documenter leur collection. À l’aide d’un appareil à balayage numérique (scanneur), elle a capté un segment de leur collection de leur choix, donnant ainsi une sélection diversifiée. Certains ont opté pour une section qui représente l’ensemble de la collection, d’autres ont sélectionné un thème ou encore un intérêt en particulier. L’artiste précise que chaque collectionneur a une façon bien à lui de gérer sa collection de disques.

Chez Rémi Belliveau, on retrouve un segment lié à sa pratique artistique avec beaucoup d’albums acadiens.

Du côté de Christine Dubé, ce sont des bandes sonores de films. On est face à une grande variété de styles musicaux de divers horizons.

Le DJ Marc Xavier LeBlanc a choisi une section qui représente la musique de l’Atlantique, comme Joël Plaskett, David Myles ou encore Lisa LeBlanc. L

a plupart des collections remontent aux années 1990, à l’exception de celle de Jean Surette et d’André Lapointe qui date de 1972.

Esthétiquement, le résultat est étonnant, parce que ces tranches de collection d’albums reproduites de façon numérique apparaissent comme des tableaux.

«De loin, on voit différentes couleurs et pas nécessairement les disques», a commenté l’artiste.

Au-delà des qualités esthétiques, l’exposition documente chacune des collections. Une série de photographies et un questionnaire accompagnent les œuvres.

«Je leur ai envoyé un questionnaire. Ce sont des questions un peu générales pour avoir un petit aperçu sur chacun et sur leur façon de collectionner. Il y a beaucoup de similitudes dans les réponses, mais il y a quand même beaucoup de choses qui sont individuelles pour chaque personne. La façon qu’ils classent les pochettes est assez personnelle. Par exemple, Marc Chamberlain ne met pas d’ordre dans ses disques. C’est un peu comme une redécouverte chaque fois.»

À cette série d’œuvres, Jennifer Bélanger a ajouté un vinyle personnel sur lequel elle répond aussi à dix questions sur sa pratique artistique. Également directrice de l’Atelier d’estampe Imago, Jennifer Bélanger poursuit sa pratique artistique depuis près de 20 ans. Elle travaille en ce moment à graver un 45 tours de la chanson Maman ne laisse pas ta petite fille devenir une artiste, basée sur une pièce de Waylon Jennings qui a fait partie d’un projet vidéo présenté dans le cadre du volet arts médiatiques du FICFA en 2016.

Son exposition est présentée à la galerie du 2e étage du Centre culturel Aberdeen à Moncton jusqu’au 18 mars. Émilie Urbain, James Fizgerald, Matthieu Léger, Yves Thériault, Jordan Dugas et Éric Daigle sont les autres collectionneurs en vedette.