Mélanie Couture: de sexologue à humoriste

Sexologue de formation, l’humoriste Mélanie Couture s’amuse à éliminer les barrières sexuelles. Sans complexe, l’artiste n’hésite pas à se moquer de ses imperfections pour aller rejoindre les gens jusque dans leur chambre à coucher.

«Il ne faut pas confondre numéro de culs et numéro de sexe», souligne Mélanie Couture qui propose dans son spectacle d’explorer toutes les facettes de la sexualité.

Estime de soi, vie de couple, image corporelle, acceptation de son corps, l’orgasme, l’amour, les enfants… bien des sujets associés à la sexualité sont abordés dans ses numéros. Bref, elle est fascinée par l’être humain dans son ensemble. Avant d’être humoriste, Mélanie Couture a été sexologue-éducatrice pendant cinq ans. Elle a enseigné un programme de santé sexuelle à des femmes victimes de violence conjugale. Elle était alors très loin de l’humour.

«C’est ce qui a fait en sorte que j’ai eu envie d’aller faire des cours du soir pour me changer les idées parce que ça reste quand même lourd comme problématique», a-t-elle raconté.

C’est en furetant sur le web qu’elle a découvert un cours du soir à l’École nationale de l’humour.

«Quand je suis entrée à l’École nationale de l’humour, je me suis dit que si je n’étais pas drôle, au moins j’allais rire. Je ne connaissais à peu près pas le milieu de l’humour du Québec. Mon père étant originaire de l’Alberta, la télé chez nous était toujours en anglais.»

À la deuxième session de cours du soir, une professeure lui a suggéré de passer l’audition pour le programme régulier. Celle qui n’avait aucune attente lors de l’audition a franchi toutes les étapes avec succès. C’est ainsi que sa vie a pris une nouvelle direction.

«En fait, je me suis rendu compte que l’humour était un grand transmetteur au niveau de l’éducation. C’est une façon de pouvoir passer des messages ou d’allumer des petites lumières dans la tête des gens. En riant, on apprend beaucoup plus qu’assis dans une classe», a poursuivi l’artiste qui a reçu son diplôme de l’École nationale de l’humour en 2007.

Pendant des années, comme sexologue, elle a essayé de convaincre des femmes qu’elles avaient droit à une sexualité épanouie, peu importe leur âge, leur physique, leur situation économique ou encore leur origine.

«Malgré que j’avais le papier d’experte, j’avais l’impression que je me frappais toujours contre un mur parce que la société, au niveau des exigences du corps et de la publicité, est tellement puissante. Il y a des messages qui nous entrent dans le cerveau tous les jours. Puis, je me dis qu’au Canada et au Québec, l’humour est presque un message aussi puissant que ça.»

Mélanie Couture, qui écrit d’abord à partir de ses expériences, s’inspire souvent d’aberrations, de situations ou de sujets qui la dérangent. Quand elle est outrée, elle est très inspirée. L’autodérision est sa carte d’entrée vers le public. Son plus récent numéro traite d’un sujet de l’heure: le harcèlement sexuel de rue. Les récents scandales sexuels dévoilés dans les médias sont venus en quelque sorte confirmer ce qu’elle dénonçait depuis longtemps.

«Tout ce que ça me dit, c’est qu’enfin c’est sorti au grand jour, enfin les gens sont au même diapason que je le suis depuis des années. Je pense que ça vient plus valider ce que je faisais déjà», a ajouté celle qui s’insurge contre la culture du silence.

Mélanie Couture sera en spectacle au Festival HubCap vendredi et samedi. Elle sera sur la scène du Théâtre Capitol et au St.Louis Bar & Grill le vendredi, pour ensuite se produire le samedi à la Caserne de Dieppe dans le cadre du Gala bilingue et au St.James Gate à Dieppe.

Auteure de deux romans, l’humoriste a aussi collaboré à des émissions de télévision et créé des séries web. Elle présente en ce moment la série web MamaMel jase. Elle est également chroniqueuse à l’émission On dira ce qu’on voudra, animée par Rebecca Makonnen, sur les ondes de la radio de Radio-Canada.