L’Ensemble de percussions de Moncton fait un retour aux sources

L’Ensemble de percussions de l’Université de Moncton revient à ses premières amours en offrant un concert varié qui mettra en lumière des œuvres contrastées signées par sept compositeurs. De la délicatesse du Clair de Lune de Claude Debussy à l’énergique Space Junk d’Ivan Trevino, les 11 jeunes musiciens dirigés par le professeur Michel Deschênes voyageront à travers différentes époques.

Pour ce concert annuel toujours très attendu, l’ensemble offrira de la variété sous le signe du caméléon. Huit œuvres figurent au programme, dont une pièce majeure, Chameleon Music de Dan Welcher pour dix percussionnistes.

«C’est un grand défi parce que c’est un peu comme un caméléon à l’intérieur de la pièce. Il y a beaucoup de changements, de changements de tempo, il y a des endroits où il y a des mélodies qu’on va reconnaître de Mozart qui sont interrompues par certains passages très chaotiques. Ça déstabilise», a expliqué Michel Deschênes.

Selon celui-ci, cette œuvre est exigeante à la fois pour le chef d’orchestre et les musiciens qui doivent être alertes pour s’adapter aux différents passages de la pièce.

Par les années passées, l’Ensemble de percussion choisissait souvent une thématique pour ses concerts en proposant un répertoire particulier. Cette année, le directeur et les musiciens ont opté pour la diversité. C’est un retour aux sources, estime le professeur. Le programme comprend des duos, des quatuors et de grands ensembles.

«C’est un peu un retour cette année à l’ancienne formule, comme concert d’ensemble de percussions. L’an passé, on avait fait une œuvre assez minimaliste et très moderne. On revient à nos premières amours, des spectacles divertissants avec plusieurs pièces qui représentent différents styles d’écriture pour percussion.»

Une panoplie d’instruments de percussion divers occupent toute la scène de la Salle Jeanne-de-Valois. Les musiciens qui répètent déjà depuis plusieurs mois ont hâte d’offrir ce concert au public.

Nokomi Ouellet de l’Ensemble de percussions répète la pièce Clair de lune de Claude Debussy. – Acadie Nouvelle: Sylvie Mousseau

«C’est plaisant parce qu’on a la chance de faire des duos et des pièces avec beaucoup de percussionnistes. Il y a des pièces comme Bonham qui donne de gros défis», a indiqué Nokomi Ouellet, une étudiante de 3e année.

Pour créer la pièce Bonham, le compositeur Chrisopher Rouse s’est inspiré du style du batteur John Bonham de Led Zeppelin, décédé en 1980.

«C’est une pièce à caractère percussif, fort, avec beaucoup de tambours», a poursuivi Michel Deschênes.

Dans ce programme, on retrouve même une comptine pour enfant réinventée pour les percussions. C’est le finissant Martin Daigle qui fera la narration de cette pièce du compositeur-percussionniste Ivan Trevino.

«C’est de plus en plus commun la narration dans les concerts de percussion. Il y a tellement d’avancement dans les percussions parce que les compositeurs recherchent de la nouveauté et des instruments de percussion qui n’ont pas encore joués», a commenté Martin Daigle qui poursuivra ses études de maîtrise en percussion à l’Université McGill à compter de septembre.

Celui qui se passionne d’abord pour la batterie a découvert l’ensemble des instruments pendant ses quatre années d’étude au baccalauréat et il apprécie l’immense musicalité des percussions.

Des oeuvres de John Beck, de Lynn Glassock et d’Owen Clayton Condon complètent le programme du concert qui est présenté ce samedi, à 19h, à la Salle de spectacle du pavillon Jeanne-de-Valois du campus de Moncton. En plus des dix étudiants au département de musique, une artiste invitée du campus, Valentine Mandin, s’est jointe à l’ensemble.