Lire et faire lire Acadie: lecteurs bénévoles recherchés

Après neuf années d’existence, le mouvement Lire et faire lire Acadie souhaite renforcer davantage ses activités dans l’ensemble des régions francophones du Nouveau-Brunswick. Pour y arriver, l’organisme est toujours à la recherche de lecteurs bénévoles.

Passionnée par la lecture, la littérature et la langue française, la présidente de Lire et faire lire Acadie, Odette Albert, œuvre dans ce mouvement depuis les débuts. D’une remarquable simplicité, ce mouvement se distingue des autres programmes de littératie par sa nature intergénérationnelle et familiale. L’objectif des lecteurs n’est pas pédagogique, mais de donner le goût de la lecture aux enfants.

«Nous sommes des gens (les lecteurs bénévoles) qui aiment lire et qui aiment les enfants. La majorité de nos lecteurs sont des professeurs à la retraite», a indiqué Odette Albert, qui pour sa part, est médecin.

Originaire de la Péninsule acadienne, elle raconte que ses parents savaient à peine lire et écrire. Quand elle a déménagé dans le sud-est de la province, elle a été confrontée à l’omniprésence de l’anglais et son influence sur la collectivité francophone. Tout en reconnaissant l’importance du bilinguisme, elle estime que la lecture, le vocabulaire, la fierté de la langue française contribuent à former une nouvelle génération qui est bien dans sa peau comme francophone.

«Comme lecteur, nous voulons être des modèles pour leur montrer qu’on a réussi notre vie en français et qu’eux aussi peuvent le faire. On parle tous l’anglais, mais nous n’avons pas peur de parler français.»

Lire et faire lire a vu le jour en Acadie après le passage au Festival Frye à Moncton de l’écrivain et créateur du mouvement en France, Alexandre Jardin. Le projet a commencé modestement dans les écoles Champlain et Saint-Henri à Moncton, auprès de groupes d’élèves de la 2e année. Neuf ans plus tard, le mouvement rejoint aussi certaines classes de la 1re année et s’étend dans les trois districts scolaires francophones, bien que ce soit encore le Sud-Est qui arrive en tête avec 26 écoles participantes. Onze écoles du Nord-Est et une seule école du Nord-Ouest participent au mouvement, a fait savoir Mme Albert.

Le recrutement de lecteurs bénévoles constitue le principal défi, estiment les responsables. Le nombre de bénévoles fluctue d’année en année. Le programme compte actuellement sur une banque d’environ 200 lecteurs actifs dans l’ensemble de la province. Chaque semaine, ces lecteurs âgés de 50 ans et plus, pour la plupart retraités, font la lecture à un petit groupe d’un maximum de six élèves de la 1re ou de la 2e année. Odette Albert explique qu’il y a des écoles dans les districts scolaires du Nord-Est et du Nord-Ouest qui souhaiteraient offrir le programme, mais faute de bénévoles, c’est impossible.

«Dans le Sud-Est, on a aussi des problèmes pour trouver des bénévoles. Par exemple, à l’école Le Sommet où je lis, nous étions quatre lecteurs, alors que nous étions habitués à être six lecteurs. Après Noël, nous n’étions plus que deux lecteurs et on ne peut pas en trouver d’autres. Il y a beaucoup de gens à la retraite qui partent dans le Sud l’hiver» a partagé la présidente.

Celle-ci reconnaît qu’être lecteur bénévole représente un engagement important, mais très gratifiant si l’on se fie aux nombreux témoignages reçus. Les responsables de Lire et faire lire Acadie précisent qu’ils n’empiètent pas sur le travail des enseignants puisque les lectures se font en dehors des heures de classe et que leur mission est très différente. En neuf ans, le mouvement a réussi à consolider ses bases, en allant chercher du financement pour embaucher une coordonnatrice provinciale à temps partiel et acheter de nouveaux livres. Si le mouvement reçoit aujourd’hui plus de financement, il reste que les fonds demeurent limités, soutient la coordonnatrice Anne Solfa. Cela restreint donc leur capacité à voyager dans d’autres régions pour le recrutement et la formation des lecteurs bénévoles.