Seconde Nation en mode créatif et festif

Après avoir fait voyager sa musique, ses contes et ses chansons à répondre à travers le monde, Seconde Nation repose ses valises en Acadie afin d’offrir des spectacles et concocter un premier album qui reflétera sa nature festive et son authenticité.

L’artiste chevronné Dominique Breau a un peu le sentiment d’avoir atteint un état de plénitude avec Seconde Nation.

«Depuis la tournée du spectacle l’Acadie, un pays qui se raconte, la complicité est née. C’est comme une belle lune de miel qui dure. On aime ce qu’on a abouti à faire ensemble. On se connaît bien et on se respecte beaucoup», a affirmé le conteur et auteur-compositeur-interprète qui a un don pour la parole.

Reconnu pour son franc-parler et son esprit allumé, celui qui a revisité une foule de chansons traditionnelles ose maintenant écrire ses propres chansons. Il convient que cela n’a pas été facile. La gêne, la peur du ridicule ou encore le fait de connaître autant de bonnes chansons lui a fait craindre le jugement des autres. Avec Seconde Nation, il a eu envie de tenter l’aventure.

«J’ai la chance d’avoir des musiciens exceptionnels et je me sens privilégié. Je ne voulais plus attendre pour composer. À mon âge, si je ne compose pas, je vais bien vite commencer à décomposer», laisse tomber l’artiste de 55 ans dans un grand rire.

Dans ses chansons, le conteur de Tracadie s’inspire d’actualité, de son coin de pays et de personnages qu’il a croisés. Avec une bonne dose d’humour, celui qui allie contes, chants, cuillères, guimbarde et podorythmie se moque de certains travers politiques. Ces chansons se retrouveront sur le premier disque de Seconde Nation qui regroupe aussi Jacques Blinn (guitare, voix, piano), Julien Breau (basse et voix) et Marie-Andrée Gaudet (violon et voix).

Cet opus qui pourrait paraître au mois d’août comprendra principalement des compositions originales. Une bonne partie de l’album est déjà enregistré. Le groupe se rencontrera de nouveau au mois de mai pour revoir les pièces, en faire la sélection et peaufiner le tout. Dominique Breau précise que les musiciens veulent prendre le temps de bien faire les choses.

«On est tout le temps pressé soit par les subventions, les dates ou d’autres contraintes. Cette fois-ci, j’ai dit pourquoi ne pas faire autrement. On prend le temps qu’il faut. On s’amuse et on enregistre nous-mêmes.»

C’est dans une maison appartenant à la famille de Jacques Blinn à la Baie Sainte-Marie que le quatuor a choisi de créer et de produire son album. Il y retourne au mois de mai pour réaliser la deuxième étape de la production.

«Cette maison a une histoire et on y est tellement bien. C’est là que naissent les belles choses.»

Seconde Nation revisite le style traditionnel en y apportant une touche de fraîcheur révélant un univers festif et énergique. Dominique Breau a choisi de raconter ses histoires avec ses mots et sa façon bien personnelle de présenter la vie. Parmi les pièces qui figureront sur l’album, il propose une chanson qui s’inspire de voyages.

«Seconde Nation a voyagé beaucoup. Ça va être plaisant de se faire connaître ici. Dans cette chanson, je dis comment chez nous c’est beau. Quand on est parti des mois de temps, quand on arrive chez nous, c’est beau en maudit.»

Le public aura droit à un avant-goût des nouvelles pièces du groupe en fin de semaine. Seconde Nation sera en spectacle à la Salle Bernard-LeBlanc du Centre culturel Aberdeen, le 23 mars à 20h, au studio 65 à Petit-Rocher samedi et dimanche, ainsi qu’au Carrefour étudiant de Beresford le lundi 26 mars pour un spectacle scolaire. En plus des pièces inédites, le groupe interprète des chansons du répertoire traditionnel et quelques pièces instrumentales où le violon est à l’honneur.