Projet de musée virtuel consacré aux tapis hookés

Plus que de simples objets de famille, les tapis hookés constituent une part précieuse du patrimoine du Nouveau-Brunswick. Un groupe de bénévoles a lancé une campagne de financement afin de créer un musée virtuel sur cette tradition artisanale qui remonte à plus de deux siècles.

Fixé à 70 000$, l’objectif de la campagne menée de concert avec le Musée du Nouveau-Brunswick s’étalera sur trois ans. Selon la coprésidente du Registre des tapis hookés du Nouveau-Brunswick, Marielle Poirier, ces fonds serviront à créer un site web de grande qualité, accessible et qui fournira de l’information sur l’histoire des tapis hookés, leurs origines et les personnes qui les ont fabriqués.

«Ce sera une exposition virtuelle de tapis. Ce sera un outil pour des chercheurs, des collectionneurs de tapis, des gens qui veulent publier un livre et également pour les générations futures. Les tapis retournent aux gens qui les ont apportés. Même si les tapis s’endommagent, l’information sur le site Web sera là pour toujours», a expliqué l’artiste Marielle Poirier de Grande-Digue.

Celle-ci se passionne pour l’art du tapis hooké depuis de nombreuses années. Membre du groupe Les Hookeuses du Bor’de’lo et d’un regroupement international (International Guild of Handhooking Rugmakers), Marielle Poirier a des origines au Cap-Breton où l’art du tapis hooké est très fort. Elle a réalisé son premier tapis il y a 30 ans, pour ensuite utiliser cette technique comme forme d’expression en art visuel. C’est aussi une façon de recycler des matériaux, en redonnant vie à des bouts d’étoffes, de laines et de vieux vêtements.

À ce jour, le registre a répertorié au moins 450 tapis hookés, dont le plus vieux date de 1860. Pour le musée virtuel, ils veulent documenter des tapis de plus de 25 ans fabriqués au Nouveau-Brunswick. Les plus vieux tapis sont très rares.

«Il y en a beaucoup qui ont été utilisés dans les maisons et jetés. Avec les années, les femmes se sont mises à travailler. En ayant un peu plus de revenus, elles pouvaient se permettre d’acheter un tapis manufacturé. Aujourd’hui, c’est une forme d’art traditionnel qui connaît une remontée et qui prend un peu plus d’ampleur.»

Depuis plus de 200 ans, les Néo-Brunswickois fabriquent des tapis hookés dans lesquels ils incorporent des images de leurs activités préférées tout en donnant une nouvelle vie aux matériaux mis à leur disposition. Par le passé, les femmes confectionnaient des tapis surtout l’hiver pour les utiliser ou pour les vendre. À Memramcook, il y avait une agente qui vendait les tapis des femmes.

Si 450 tapis ont déjà été répertoriés, Mme Poirier estime qu’il en reste beaucoup à documenter. Ils veulent les consigner en ligne. Le site web comprendra l’élaboration du contenu, les photographies, la vidéographie, le graphisme, la conception de modules d’apprentissage et la traduction des textes en français et en anglais. Le groupe espère réaliser son projet d’ici trois ans. Les bénévoles recueillent les tapis et les informations pour ensuite les remettre aux responsables du Musée du Nouveau-Brunswick qui réalisera et gérera le projet. Lorsqu’ils auront recueilli le tiers de la somme, ils pourront commencer à travailler sur le projet.

À ce jour, ils ont réussi à amasser 10 000$ grâce à l’appui de la plus vieille filature de laine au Canada. Le groupe accepte des dons des entreprises privées et les individus.