Joannie Benoit: la tendresse comme une pétarade de feux de Bengale

Il y a beaucoup de tendresse chez Joannie Benoit. Ce n’est pas gros, ni grossier de le mentionner. Son histoire de jeune femme battante et survivante a ému le public lors de son passage à Star Académie. Ajoutée à son côté libre mais très discipliné, un brin timide duquel ressort toutefois quelques élans parfois légèrement givrés, la Joannie «publique» – qui ne diffère pratiquement en rien de la Joannie «privée» – a su s’installer doucement et confortablement dans le cœur des Québécois et des Acadiens depuis maintenant six ans.

De la tendresse, il y en a aussi beaucoup dans le parcours musical de cette sympathique brunette depuis peu trentenaire. Soyons un peu vantards en nous rappelant qu’avant nos cousins, nous avions découvert ce petit bijou de chanteuse deux ans auparavant, en 2010, au Gala de la chanson de Caraquet, déjà scintillante sur le plan vocal, enracinée comme une pro sur scène, prête à prendre son envol.

Depuis, elle a égrainé un répertoire de prédilection en symbiose avec sa personnalité: Cabrel, Ariane Moffatt, les Beatles, Cohen, Zachary Richard et quelques autres; des textes souvent à messages soutenus par des musiques qui remuent sans trop décoiffer. Un univers tendre tissé d’une douce mélancolie dans lequel se greffe aussi le duo qu’elle forme de temps à autre avec Mélissa Bédard, sa parfaite sœur cosmique tout aussi débonnaire et incarnée qu’elle, qui nous a offert sans aucun doute l’une des plus belles reprises de Hallelujah.

Son premier album solo, Pot Mason, lancé il y a moins de trois ans, s’inscrivait bien en droite ligne de ce parcours sans fautes ni témérité, dans une couleur sonore et textuelle avec laquelle Joannie Benoit avoue sans pudeur se sentir à l’aise.

«C’est vrai que j’ai une teinte mélancolique dans le choix de mes chansons. Je me sens bien dans cet univers-là. J’aime les chansons aux textes qui veulent dire quelque chose, un peu balade. Ma voix se prête bien à ce style musical», confie Joannie Benoit au cours d’un entretien téléphonique.

La jeune interprète de Tracadie a toutefois voulu aller un peu plus loin avec son deuxième opus, Feux de Bengale, qui sortira en magasins le 13 avril précédé de deux lancements – à Montréal ainsi que dans sa ville natale où elle demeure toujours.

Sans être décapant, Feux de Bengale se révèle néanmoins un peu plus up-tempo que son album précédent. À la pop se mélange quelques mesures de folk bien assumées ainsi qu’un léger fond de country adulte contemporain.

«J’ai voulu faire quelque chose de plus énergique sans me dénaturer. J’ai aussi travaillé un peu plus ma voix pour mon deuxième disque. C’est sûr qu’à force de faire ce métier-là, je me laisse un peu plus aller, je me permets aussi plus de spontanéité sur scène et ça se répercute dans le choix des chansons que j’ai fait pour Feux de Bengale», souligne l’Acadienne pour qui chanter prend désormais tout l’espace dans sa vie.

Réalisé par Guy Tourville (Roch Voisine, France D’Amour, François Lachance), Feux de Bengale se révèle également un peu plus gai dans les thématiques abordées, que sont l’amour, le goût de l’aventure ou encore le désir de grandir et d’aller plus loin.

«Le message que je veux transmettre avec l’album, c’est d’oser se défoncer. Nous avons parfois des remises en questions, mais elle sont nécessaires pour aller plus loin», résume-t-elle.

Joannie Benoit s’est entourée de quelques nouveaux collaborateurs, dont Caracol, Maxime Le Flaguais, Joe Bocan et Laurence Hélie, en plus de ceux qui ont participé à Pot Mason (Catherine Durand, Martin Bachand, Martine Pratte notamment). Elle signe par ailleurs trois duos, avec Mélissa Bédard (Je te donne), Maxime McGraw (L’appel) ainsi que Bobby John (Crazy Beautiful).

«L’appel vient particulièrement me chercher, car je parle à ma mère et à ma défunte grand-mère avec cette chanson. En plus, je suis choyée d’avoir pu la faire en duo avec mon ami Maxime McGraw dont j’adore la voix et pour qui j’ai beaucoup d’admiration, en plus d’être Acadien comme moi», signale Joannie Benoit.

L’interprète acadienne procédera au lancement de Feux de Bengale le 9 avril, au Cabaret du Lion d’or à Montréal. Un second lancement suivra à Tracadie, le 13, à 19h, à l’Académie Sainte-Famille.

Sur YouTube: