Dans l’imaginaire loufoque de Patricia Léger

À l’égal de son personnage de Rita Melanson dans la comédie À la valdrague, Patricia Léger est revenue dans son village natal après plus de 20 ans d’exil, mais la ressemblance s’arrête là, assure l’auteure et comédienne de Memramcook. L’univers de la série télévisée acadienne a été puisé principalement dans son imaginaire.

«Ce n’est pas mon histoire. C’est un peu une évolution d’un personnage que j’avais créé dans une pièce que j’avais écrite avec ma sœur. Ça ressemble un peu à Zelma, mais elle a vraiment évolué et c’est quelque chose de différent. C’est aussi une composition un peu inspirée de ma grand-mère acadienne et de mon père qui étaient tous les deux entrepreneurs avec un côté espiègle et spontané», a déclaré Patricia Léger.

Si l’action du sitcom se situe dans la Vallée de Memramcook, il reste que les concepteurs ont choisi de donner un nom fictif au village – rebaptisé Saint-Prospère pour les besoins du projet.

«On voulait que ce soit un village fictif parce que premièrement, je ne veux pas que les gens pensent que j’écris sur des événements réels ou que j’écris sur des personnages en particulier. C’est vraiment de mon imagination, mais c’est inspiré de la vie dans une petite communauté. Je ne me base pas juste sur Memramcook parce que j’ai habité sur une petite île dans l’Ouest qui est aussi une petite communauté très particulière et des fois, j’emprunte de ça aussi.»

Celle qui a écrit plusieurs pièces de théâtre, notamment lorsqu’elle était artiste en résidence au Monument-Lefebvre, possédait déjà un univers singulier et farfelu. Ce sont des histoires différentes, mais le ton demeure loufoque, chaleureux avec une touche de réalisme, sans être méchant ou sarcastique. Les producteurs Suzette Lagacé et Maurice André Aubin qui ont vu les pièces de Patricia Léger ont eu envie de collaborer avec elle dans la création d’une série télévisée.

«En voyant ses pièces, nous avons vu l’intérêt de créer une série qui s’inspire de la Vallée de Memramcook et qui puise dans l’imaginaire de Patricia Léger», a indiqué Maurice André Aubin.

Tout en tirant avantage des paysages fabuleux de la Vallée de Memramcook, elle a créé des personnages typés aux sobriquets rigolos. Au début du premier épisode, il y a une scène qui met en vedette Donat Lacroix dans la peau d’Alyre, qui fait un clin d’oeil aux accents très prononcés et aux expressions locales. C’est exagéré et c’est voulu, mentionne l’auteure qui a même intégré des sous-titres afin d’amplifier la blague. Rassurez-vous, il n’y a plus de sous-titres après.

«Dans la série en général, j’ai voulu qu’il y ait la couleur locale acadienne, mais les dialogues ne sont pas en chiac. Il y a des accents, mais je voulais quand même que le dialogue se fasse comprendre par un grand public puisque c’est une série de Radio-Canada qui sera diffusée partout au Canada.»

En montant sur la scène du théâtre du Monument-Lefebvre mercredi soir, elle a ressenti des papillons.

«Ç’a été tellement de travail, puis là finalement, on va le voir et le public va réagir. C’est comme ton enfant qui s’envole du nid puis on espère qu’il va être bien reçu.»

Tout le travail accompli par l’équipe de production, les comédiens et les figurants lui ont fait chaud au coeur.

«Il y a eu des moments dans le tournage où je pouvais à peine croire que tout ce tourbillon partait de mon imagination», a-t-elle confié.

Patricia Léger habite en quelque sorte dans son lieu de tournage, puisque l’action est ancrée dans la Vallée de Memrancook. Pendant l’écriture, elle a pu explorer beaucoup plus facilement les endroits afin de visualiser les scènes. Pour cette première expérience d’écriture télévisuelle, l’auteure a travaillé avec une scripte-éditrice. Elle admet que c’est très exigeant.

«J’ai dû apprendre en le faisant. J’avais une scripte-éditrice courageuse qui était prête à travailler avec une nouvelle auteure», a-t-elle poursuivi.

Elle travaille déjà à l’écriture d’une deuxième saison. C’est en développement et la production de cette deuxième saison n’est pas encore confirmée.