Des arbres: les doutes de la procréation

Avoir ou ne pas avoir d’enfant? Cette question bousculera le quotidien du couple dans la pièce Des arbres; une œuvre qualifiée d’une grande intelligence, drôle et touchante à la fois, qui s’arrêtera à Moncton et Caraquet.

Incarnée par Éveline Gélinas et Maxime Denommée, Des arbres, de l’auteur britannique Duncan Macmillan, met en lumière les milliers de questionnements d’un couple dans la trentaine à l’égard des enfants et de l’avenir des générations futures. Est-ce une bonne idée de mettre des enfants au monde en ces temps d’incertitudes, de changements climatiques et de crise économique? Cette pièce est aussi une histoire d’amour avec tout ce que cela peut comporter d’engagement et de remises en question.

Éveline Gélinas a été séduite par le texte d’une grande pertinence.

«Je trouvais que c’était très pertinent l’histoire d’un couple aujourd’hui qui se questionne sur le fait d’avoir un enfant ou non, dans un monde qui ne va pas de mieux en mieux, avec une planète qui est de plus en plus maganée avec les changements climatiques qui s’accentuent», a expliqué la comédienne en entrevue à l’Acadie Nouvelle.

Celle qui se produira pour la première fois en Acadie adore les tournées. Elle croit dans le pouvoir du théâtre. «Il faut se déplacer et il faut que le plus de gens possible aient accès à du théâtre et à ce texte-là en particulier.»

Créée dans sa version française en 2016 au Théâtre La licorne avec les comédiens Maxime Denommée et Sophie Cadieux, dans une mise en scène de Benoît Vermeulen, cette pièce a eu beaucoup de succès. Les producteurs ont décidé de reprendre le spectacle en tournée. Sophie Cadieux n’étant pas disponible, c’est Éveline Gélinas qui a pris le relais pour jouer ce texte qui suscite une belle réflexion, tout en étant touchant.

«Ce sont des sujets graves et sérieux qui ne sont pas évidents à aborder, mais il y a tellement de clins d’œil et d’humour qui fait que ça passe très bien.»

L’action débute dans une file d’attente chez IKEA. Soudainement, l’homme aborde l’idée d’avoir un enfant, ce qui fait réagir fortement la femme qui est stupéfaite. Même si le couple sort du magasin les mains vides, l’homme et la femme auront la tête remplie de préoccupations. Le récit se déroule sur plusieurs années.

«Plus la pièce avance, plus le temps s’accélère à l’image des changements climatiques, plus on fait des sauts dans le temps et on se rend même jusqu’à la fin de la vie de nos protagonistes. On s’attend à quelque chose, mais ce n’est pas ça finalement.»

Toute la pièce repose sur le texte et le jeu des acteurs, le décor étant pratiquement inexistant. Par de simples changements d’éclairages, un déplacement, la musique, on suit l’évolution du couple, précise-t-elle.

«Quand on la possède, c’est une magnifique partition, mais il faut travailler fort pour y arriver», a poursuivi la comédienne qui a dû redoubler d’efforts pour relever ce défi.

Un propos universel

Elle considère que le propos de la pièce peut rejoindre tout le monde à un moment ou un autre de sa vie.

«Plus jeune, j’ai déjà eu ces gros questionnements. Ça me rejoignait beaucoup. Personnellement, j’ai fait le choix d’avoir des enfants. Je suis une optimiste, je crois en la vie. Je suis une femme d’espoir, mais j’avoue que ce questionnement est aussi pertinent pour mes enfants et ce qui les attend.»

Celle qui évolue dans le monde du théâtre depuis de nombreuses années a joué aussi au cinéma et à la télévision. Le public a pu la voir, entre autres, dans le téléroman L’auberge du chien noir à Radio-Canada et bientôt dans la deuxième saison de la série Victor Lessard au réseau TVA. Elle sera également de la nouvelle mouture du théâtre musical les Belles-Sœurs.

«Je compare souvent le théâtre à quelque chose de très sportif parce que ça se passe maintenant, on a les gens devant nous, on reçoit leur énergie, c’est un échange entre le public et nous sur scène. La caméra demande une autre forme de performance. C’est plus technique. À la télé, on dépend de la caméra, de la réalisation, de la vision d’un réalisateur. Sur scène, c’est souvent les acteurs qui ont le dernier mot.»

Produit par le Théâtre de la Manufacture, Des arbres clôturera la saison du théâtre l’Escaouette le 19 avril à 19h30 et celle du Théâtre populaire d’Acadie, le 20 avril à 19h30, au Centre culturel de Caraquet.