Le Festival de musique baroque veut séduire les jeunes

Le Festival international de musique baroque de Lamèque cherche à renouveler son public et à attirer les jeunes générations à ses concerts.

«C’est le défi de bon nombre de manifestations. Mais dans notre cas, il en va de la pérennité à moyen et long terme de notre festival», assure le président, Jean-René Noël.

C’est avec cette idée en tête que Vincent Lauzer, le directeur artistique, a imaginé la programmation 2018. Celle-ci a été présentée jeudi matin.

Elle comporte six concerts, auxquels s’ajoute un apéro musical proposé le 25 juillet, soit la veille de la soirée d’ouverture du festival. La royauté est, cette année, à l’honneur.

«Je voulais mettre en lumière les grandes odes composées pour les reines des 17e et 18e siècles, sans oublier, bien sûr, les « rois » de la musique baroque que sont Bach et Haendel», explique Vincent Lauzer.

Cap sur le Royaume-Uni donc, qui n’est pas aussi souvent qu’il le devrait associé à la musique baroque.

«Les œuvres qui y ont été créées sont pourtant très intéressantes, puisque le style est nourri de plusieurs influences», poursuit le directeur artistique.

Les concerts d’ouverture et de clôture du festival, les 26 et 28 juillet, à 19h30, se dérouleront à l’église Sainte-Cécile de Petite-Rivière-de-l’Île. La manifestation s’achèvera par un hommage au compositeur anglais Henri Purcell.

Le chœur et l’orchestre de la Mission Saint-Charles interpréteront deux de ses compositions, Hail, Bright Cecilia et Come, ye Sons of Art.

«Deux œuvres courtes plutôt qu’une seule longue, c’est une autre manière de découvrir la musique baroque. C’est comme prendre des petites bouchées au lieu d’un seul plat principal», commente Vincent Lauzer.

La prestation du 28 au soir réunira une cinquantaine d’artistes, parmi lesquels cinq solistes. Ils seront placés sous la direction du chef d’orchestre torontois Yvars Taurins. D’autres concerts seront donnés dans les églises de Lamèque, Miscou et Shippagan.

«Cette différence de lieux nous permet d’offrir différentes ambiances incarnées par des formations à grand déploiement et des formations plus petites», souligne Jean-René Noël.

Pour séduire les plus jeunes, et fidéliser ainsi les spectateurs de demain, un concert leur est dédié le 26 juillet, à 14h, à l’église de Lamèque.

«Il est gratuit. C’est une présentation des Jeunesses Musicales Canada. Il mettra en vedette le luth, cet instrument raffiné et délicat qui mérite d’être découvert. Les jeunes de tout âge et les plus vieux sont les bienvenus», invite M. Noël.

La programmation complète du festival est consultable sur le site du festival (festivalbaroque.com). Les billets seront mis en vente dès le 13 avril.

Qualité et longévité

Cet été se tiendra le 43e Festival international de musique baroque de Lamèque. Une telle longévité fait la fierté de Mathieu Duguay, le fondateur de ce rendez-vous.

«Notre succès confond les sceptiques du début, ceux qui haussaient les épaules et qui n’y croyaient pas.»

Quatre décennies plus tard, il reste persuadé de l’utilité de ce festival.

«C’est en maintenant la qualité que nous durerons. Il y a deux ans quand a été jouée la Messe en si mineur, de Bach, une femme m’a appris qu’elle avait été tellement touchée par la beauté de cette œuvre qu’elle n’en avait pas dormi pendant 24 heures.»

Mathieu Duguay affirme qu’il y a une forte demande pour les événements culturels.

«Et elle n’émane pas seulement d’ici. Les Américains et les Européens en sont friands.»

Cela lui inspire une idée.

«On met en avant les homards et les plages de la Péninsule acadienne. Il faudrait développer un tourisme culturel à l’échelle de la province. Cela attirerait une autre clientèle au Nouveau-Brunswick.»

BDV

Deux figures emblématiques du Festival international de musique baroque de Lamèque: Mathieu Duguay, le fondateur, et Jean-René Noël, l’actuel président. – Acadie Nouvelle: Vincent Pichard