Les 5 prochains: dans la cour de cinq étoiles montantes de l’humour

La troisième mouture de la série Les 5 prochains, qui sera diffusée à compter de ce lundi, à ARTV, sera placée sous l’insigne de l’humour. Les caméras de la série docu-réalité suit en effet à la trace cinq étoiles montantes du domaine du rire. Parmi celles-ci, un Acadien, Daniel Pinet, natif de Bathurst.

Outre Daniel Pinet, Les 5 prochains nous amène à suivre pas à pas Mehdi Bousaidan, Marie-Lyne Joncas, Arnaud Soly et Rosalie Vaillancourt. Cinq humoristes de la relève, donc, que la caméra suit dans leur quotidien, se braquant bien évidemment sur leurs multiples prestations scéniques qu’ils seront appelés à faire en divers endroits tout au long de la série.

Après le visionnement des trois premiers épisodes des 5 prochains, nous constatons aussi que la série va plus loin, en présentant ces jeunes talents tels qu’ils sont, sans artifices, chacun d’eux étant doté d’un naturel désarmant. À travers leur routine journalière ainsi que leurs rencontres en groupe, le spectateur en apprendra un peu plus sur ces humoristes juniors, leurs aspirations, mais aussi les nombreux défis qu’ils doivent relever pour tenter de se faire connaître. Une sorte de mise à nu dans laquelle Daniel Pinet assure, au cours d’un entretien téléphonique, s’être senti à l’aise tout au long du tournage de la série.

«Faire partie des 5 prochains a été un choix conscient. C’est sûr que ce type d’émission là nous amène à être transparents et vulnérables en quelque sorte. Personnellement, comme je n’ai aucun filtre, j’ai probablement dit des choses desquelles je ne sais pas si mes parents vont encore me parler après! Mais l’équipe technique m’a tout de suite mise en confiance et je me dois vraiment de leur lancer des fleurs à cet égard, car tout le monde a vraiment été super. Le fait aussi que je connaissais déjà les quatre autres humoristes – nous avons à peu près tous fait l’École nationale de l’humour en même temps et nous évoluons dans le même circuit –, ça aussi, ça met en confiance», exprime Daniel Pinet au cours d’un entretien téléphonique.

Celui qui se décrit lui-même comme une sorte de «Fred Pellerin que t’inviterais pas ta grand-mère à aller voir» en raison de son humour narratif mêlé de blagues acidulées avoue candidement avoir embarqué dans le projet pour se faire connaître davantage du public, mais avant tout pour… payer son loyer.

«En fait, je suis le seul des cinq qui vit moins bien de son art. C’est vrai que des fois, j’ai de la difficulté à me payer une bouteille de shampoing comme je le mentionne au début de la série. C’est ma réalité et la série me donne l’occasion d’en parler.»

La «petite goutte» Jason Guerrette

Daniel Pinet compte maintenant trois ans de métier depuis sa sortie de l’École nationale de l’humour. Au départ, l’Acadien, qui célébrera ses 31 ans à la fin du mois, ne se destinait pas du tout à devenir soldat de l’empire du rire. Un aveu plutôt curieux, étant donné que de nombreuses personnes, peut-être avec un souvenir plus ou moins limpide, connaissent déjà sa bouille et son côté boute-en-train depuis 2012. Vous rappelez-vous de la dernière saison de Star Académie, particulièrement de Jason Guerrette qui avait un ami farceur et qui n’hésitait pas à lui faire quelques coups pendables même pendant sa cure d’apprentissage loin de chez lui? L’ami en question, c’était lui.

«Jason a été et est encore l’un de mes meilleurs amis. C’est vrai que j’ai toujours aimé le faire rire. Mais à l’époque de Star Académie, je ne voulais pas du tout être humoriste. Je m’enlignais plutôt vers l’enseignement. Je n’aurais même jamais mis les pieds à Montréal si ça n’avait pas été de Jason.»

Quelques aléas impromptus de la vie ont toutefois fait en sorte que les deux compères se sont finalement installés dans la grande métropole québécoise; l’un pour poursuivre sa carrière de chanteur, l’autre pour éventuellement devenir son gérant.

«Nous avons été colocs deux ans. Auparavant, un autre ami m’avait inscrit dans un concours du Festival HubCap que j’ai remporté. Mais à Montréal, j’avais commencé une formation en administration dans le but de devenir le gérant de Jason. C’est lui qui m’a incité à m’inscrire à l’École nationale, étant donné que les frais de départ étaient peu dispendieux. C’est donc de là que tout ça est parti.»

Un tracé existentiel que Daniel Pinet ne regrette nullement aujourd’hui, soutient-il, et pour lequel il ne compte plus les heures de travail. Car d’une certaine façon, l’humour réconcilie en quelque sorte plusieurs traits de sa personnalité, comme ceux de raconteur, de blagueur grivois et même d’enseignant.

«Comme je suis un Acadien pur jus, je me sers évidemment de l’humour pour présenter mon coin de pays natal. Dans l’une de mes blagues, entre autres, je mentionne que je viens d’une région où les danseuses s’en vont pour mourir. C’est un peu trash, mais en même temps, il y a plusieurs niveaux, à savoir l’image forte qui attire l’attention, mais aussi la réalité économique de l’Acadie sous-entendue derrière mon punch.»

«Depuis quelque temps, je focalise beaucoup mon attention sur des sujets sociaux, en plus de parler de mon identité et de ma réalité. Finalement l’humour, c’est un peu comme être enseignant, mais sans contraintes de programme ou autre», image le jeune homme.

Les épisodes des 5 prochains seront diffusés les lundis, à 20h, à ARTV, en reprises les jeudis, à 20h, ainsi que les samedis, à 19h).