Mélodies d’autrefois: le cadeau de Bruno Jacques Pelletier

Pour son cinquième album, Bruno Jacques Pelletier a décidé d’ouvrir les vannes de son art tout en offrant une sorte de cadeau au public. Le virtuose de la guitare à 10 cordes d’Edmundston propose 17 Mélodies d’autrefois où différentes époques musicales se côtoient dans une symbiose enveloppante et chaleureuse.

De Chopin à Satie, en passant par Tárrega, Bach ou encore quelques airs traditionnels écossais, Bruno Jacques Pelletier effectue avec Mélodies d’autrefois un résumé de plus de 40 ans de passion pour la guitare.

«J’ai 51 ans et je joue de la guitare depuis que j’ai 9 ans. Au cours de ma carrière professionnelle, je me suis produits à de nombreux banquets et soirées conviviales pendant lesquelles je joue des pièces très variées. Après les concerts, il arrive d’ailleurs souvent que des gens du public viennent me voir pour me demander “c’était quoi telle pièce? Il me semble que je la connais…”. Mon disque renferment donc des morceaux que les gens me demandent souvent», souligne Bruno Jacques Pelletier au cours d’une entrevue en vidéoconférence.

Ainsi, l’Ave Maria de Schubert, L’hiver de Vivaldi, la première Gymnopédie de Satie ainsi que que l’air traditionnel Greensleeves et plusieurs autres se retrouvent sur cet opus que le musicien voulait à la fois intimiste et pas trop léché.

«On m’entend respirer à travers l’album, on entend aussi mes doigts glisser sur les cordes. Je voulais garder cet aspect-là de naturel sur le disque», souligne Bruno Jacques Pelletier, qui s’est adjoint du guitariste du groupe rock Spoutnique, Dan Bérubé, pour la prise de son.

«Il a vraiment apporté une autre perspective à la musique, une certaine profondeur de champ je te dirais. Quand je me réécoutais, j’avais l’impression d’être assis à côté de moi», révèle-t-il avec un large sourire.

Tout au long de l’entretien, Bruno Jacques Pelletier affiche un enthousiasme débordant concernant son nouvel album. Les mots «aventure», «plaisir» mais aussi «apprentissage» reviennent souvent dans un vocabulaire teinté de quelques fou-rires et d’une fébrilité non dissimulée.

«Ça fait des années que je joue ces pièces-là sans jamais avoir pu me réécouter. Déjà en soi, c’est quelque chose, car en studio, je ne les joue pas forcément comme sur scène. Je réapprends à les connaître, en quelque sorte. J’ajuste certains accords pour qu’ils sonnent bien pendant l’enregistrement. Je modifie quelques intentions aussi. Je me redécouvre à chaque disque que je fais», lance-t-il à travers des babines tirées vers le haut et qui fendent son visage d’un bout à l’autre.

Bruno Jacques Pelletier procédera au lancement de Mélodies d’autrefois pendant la Semaine des Éliozes, le 3 mai, dans le cadre d’un 5 à 7 au Frank’s Bar & Grill de l’hôtel Four Points, à Edmundston. Le lendemain, à 19h30, il sera en spectacle à la cathédrale de l’Immaculée-Conception, toujours à Edmundston, en compagnie de Charles Kilfoil, Jalianne Li, Jessie Guerrette, Nokomi et Naomi Ouellet, Pierre Guitard, Monica Bolduc, Xavier Gould, Hélène Harbec et Vicky Lentz, dans le cadre de la soirée Pleins feux sur la cathédrale. Le spectacle sera mis en scène par Marc-André Charron.

Par ailleurs, Bruno Jacques Pelletier devrait sortir une version vinyle de Mélodies d’autrefois au cours de l’automne. Le guitariste l’avoue humblement: ce cadeau-là, il se le fait avant tout pour lui.

«Je devrais être en mesure d’en faire faire une centaine d’exemplaires, qui seront disponibles auprès du public. Comme mélomane que je suis, l’expérience sonore en vinyle n’est pas la même que sur support numérique. La musique classique sort mieux sur 33 tours, et comme le disque vinyle revient un peu à la mode, je me suis dit “pourquoi ne pas tenter le coup”, en sachant que certains amateurs de musique y trouveront aussi leur compte», déclare-t-il avec entrain.