Mission accomplie pour le 19e Festival Frye

«Longue vie à la littérature!», a lancé la poète flyée Monica Bolduc au Frye Jam, qui a conclu en beauté ces neuf journées consacrées à la littérature. Des auteurs généreux, des festivaliers heureux, un achalandage qui se maintient; les organisateurs sont repartis du Centre culturel Aberdeen, samedi soir, avec un large sourire.

Avec 34 auteurs invités, des visites scolaires ayant rejoint près de 6000 élèves de 53 écoles de la province et 44 activités en français et en anglais à Moncton, à Dieppe, à Sussex et à Shediac, les organisateurs du 19e Festival Frye dressent un bilan positif. La présidente du Festival, Suzanne Cyr, se réjouit de voir que les festivaliers ont répondu à l’appel, surtout à une époque où les événements culturels font face à des défis. D’après leurs premières estimations, l’achalandage au festival s’est maintenu.

«C’est un bilan extrêmement satisfaisant. Je suis heureuse d’avoir vu qu’à tous les ateliers de création littéraire, les entrevues, les conférences, il y avait un très grand nombre de festivaliers qui avaient tellement l’air heureux et engagés. Les auteurs ont été très généreux et ils ont souvent dépassé le temps qui leur était accordé», a déclaré la directrice générale Diana Newton qui en est à son premier festival.

On estime que le FestiJeunesse a accueilli encore plus de familles qu’en 2017. D’après Mme Newton, un lien étroit s’est tissé entre les enfants et les auteurs Geneviève Côté et André Marois.

«Le volet jeunesse est primordial et c’est un volet qui est bien rodé qui a vraiment une incidence dans la communauté et sur les jeunes. C’est crucial et c’est l’essence de notre mission de transmettre le goût de la lecture et de l’écriture», a souligné Suzanne Cyr.

Parmi les nombreux coups de cœur, figurent la conférence de Dominique Demers au Centre des arts et de la culture de Dieppe qui a attiré une centaine de personnes et le passage d’Anaïs Barbeau-Lavalette avec son livre La femme qui fuit.

«J’ai été très inspirée par la lecture d’Anaïs Barbeau-Lavalette et le message de Dominique Demers qui est une excellente pédagogue. Ça me rejoint beaucoup en tant qu’enseignante», a exprimé une festivalière, France Thériault.

Les entretiens avec Olivier Bernard (Le pharmachien), Tima Curdy (The boy on the beach), Biz (La chaleur des mammifères), Suzanne Myre (L’allumeuse) ont été très courus et très touchants. La Soirée Frye au Théâtre Capitol a été marquée par la qualité des prestations des artistes.

Pour la première fois, le festival accueillait un écrivain letton. Janis Jonevs qui a participé notamment au Frye Jam a été inspiré par son séjour à Moncton. Il a même écrit une courte histoire en écoutant les lectures des autres écrivains.

«À Moncton, il y un sentiment de vivre en périphérie qui me rejoint. Je sens un peu la même chose parce que je vis moi-même hors des grands centres», a partagé l’écrivain qui avait déjà entendu parler de la fameuse côte magnétique.

Des voix fortes

La poète et comédienne Monica Bolduc qui a livré le fruit de son imagination et de ses observations après avoir parcouru presque l’ensemble des activités du festival a confié avoir vécu une semaine angoissante et extraordinaire. Pendant les neuf jours du festival, elle a changé dix fois d’apparence.

«C’est la première fois de ma vie qu’on me donne la liberté artistique complète et carte blanche pour faire ce que je veux. À la fin de cette semaine, j’ai plus confiance dans ma façon de créer et dans ce que je peux apporter au monde de l’art.»

Le manifeste scalène qui a rassemblé trois des voix les plus pertinentes de la poésie acadienne: Gabriel Robichaud, Sébastien Bérubé et Jonathan Roy, l’a renversée.

«Ce sont trois voix qui sont très fortes qui ont des choses à dire et qui ont la tête à la bonne place. J’avais déjà entendu les textes de ces trois gars-là avant, mais pas les trois ensembles.»

Celle-ci a aussi été séduite par la soirée Prélude et toutes ces rencontres lui ont donné envie d’écrire à nouveau. Elle assure que son recueil Dead End ne sera pas le dernier. Son poème de clôture a mis en lumière des images, des mots, des bribes de conversations et d’entretiens qu’elle a retenus tout au long de la semaine. Envisage-t-elle d’être la poète flyée du prochain festival en 2019? Elle ne promet rien, mais elle a déjà quelques idées.

Devant une salle bondée, le Frye Jam a offert un éventail de textes de sept écrivains aux horizons divers qui ont présenté des extraits de leurs ouvrages accompagnés par la musique des Païens et les projections de Carole Deveau. Les paysages puisés dans les Everglades de Daniel H. Dugas, la poésie d’Érika Soucy, les histoires de Janis Jonevs, la fraîcheur du journal de Siobhàn Gallagher, les nouvelles d’Eva Crocker, les récits de Joey Comeau et le franc-parler de Biz ont charmé le public.