Les murs comme plancher de danse

Encore peu connue au Nouveau-Brunswick, la danse-escalade est maintenant pratiquée dans la région de Memramcook. Importée de la France par Marie-Luce Quéverdo, cette discipline hybride qui consiste à danser en étant accroché à une paroi ou à un arbre offre un large éventail de possibilités artistiques.

La danse et l’escalade sont deux disciplines bien connues, mais le mariage des deux est plutôt singulier. Établie à Memramcook depuis une année, Marie-Luce Quéverdo a commencé à faire de la danse aérienne en France pour une compagnie professionnelle spécialisée dans ce domaine. Cette discipline sportive et artistique n’est pas encore très développée au Nouveau-Brunswick et l’artiste passionnée de danse et d’escalade s’est dit que ce serait un beau créneau à explorer en Acadie.

«Ce qui m’a fait apporter la danse escalade ici, ce sont les paysages extérieurs. Nous avons tellement de richesses naturelles et on peut grimper partout», a déclaré en entrevue l’artiste originaire de Versailles qui a fondé la compagnie Danse en l’air en 2017.

Que ce soit sur une paroi rocheuse, un mur intérieur ou encore accroché à un arbre, la danse-escalade permet aux artistes d’ouvrir le champ des possibilités. La troupe qui pratique à l’intérieur dans deux studios, dont un club d’escalade, s’apprête à prendre d’assaut les falaises des baies de Chignecto et de Fundy cet été. En utilisant les cordes, les crochets et les harnais d’escalade, les artistes grimpeurs dansent et virevoltent sur les parois rocheuses.

«En gros, on danse avec le mur et on joue avec le mur, la corde et les prises. L’important est de danser avec le milieu naturel sans que l’un prenne le pas sur l’autre. En danse aérienne, il n’y a pas vraiment de message que je veux passer si ce n’est que la nature et le danseur ne font qu’un», a-t-elle expliqué.

La compagnie a déjà quatre créations à son actif. Marie-Luce Quéverdo a formé trois autres artistes de la danse du Nouveau-Brunswick à cette forme d’art. Jalianne Li, Mylène Comeau et Gretchen Mejorada, en plus du directeur technique Rémi Mantion, font partie de la compagnie qui se spécialise en danse-escalade, danse théâtre et contemporaine.

Cette discipline initiée par des escaladeurs est de plus en plus connue dans certains pays comme aux États-Unis. Pour la Française qui grimpe depuis longtemps, la danse-escalade est une seconde nature.

«Quand j’ai commencé à former les danseuses, je n’avais pas pensé au défi de l’escalade. Elles n’avaient jamais fait d’escalade de leur vie et tout d’un coup, je me suis retrouvée dans la situation où il a fallu que je les forme à l’escalade. Je pense que le plus important est de savoir où est son corps dans l’espace.»

Professeure de danse, de gymnastique, artiste du cirque, celle qui a pratiqué la kinésiologie et la physiothérapie a toujours aimé les disciplines aériennes. Selon celle-ci, ce type de danse offre une nouvelle dimension aux danseurs que la danse au sol n’a pas. Le rapport à l’espace n’est pas le même.

«On a plusieurs possibilités qui s’offrent à nous de pouvoir sauter et voler à des hauteurs bien plus impressionnantes et donc, ça ouvre le vocabulaire du danseur d’une manière bien plus grande. Quand je danse contre un mur, le sol et ma verticalité ne sont plus les mêmes et on change le repère spatial.»

La compagnie présentera quelques spectacles dans la région cet été, dont une prestation de nuit sur la façade d’un édifice à Moncton en juillet dans le cadre du Festival Inspire. À compter du mois de septembre, la compagnie Danse en l’air offrira des cours de danse aérienne et des arts du cirque. Un camp d’été en danse-escalade pour les jeunes sera offert cet été. Mme Quéverdo tient à ce que la formation soit complètement intégrée à la compagnie professionnelle afin de permettre à de jeunes artistes de poursuivre une carrière dans la province.