Voidunor: une passion depuis 55 ans

Figurant parmi les plus anciennes chorales toujours actives au Nouveau-Brunswick avec plus d’un demi-siècle d’existence, Voidunor propose de revisiter les chants d’ici et d’ailleurs en voyageant à travers différents univers culturels.

Depuis neuf ans, Donald Mallet dirige cet ensemble à voix mixtes de la région de Bathurst, formé d’une quarantaine de membres, qui compte 55 années d’existence. La chorale se prépare pour son concert annuel qui se tient en fin de semaine. Le chef de choeur qui est tombé dans le chant choral quand il était petit, un peu comme Obélix dans la potion magique, ne peut imaginer sa vie sans la musique. Il est aussi membre du Choeur Louisbourg et de la Mission Saint-Charles; un ensemble formé pour le Festival international de musique baroque de Lamèque.

Chant choral, piano et organiste dans les églises, Donald Mallet baigne dans la musique depuis l’enfance. Ce chimiste de formation a pris la direction de la chorale Voidunor à la suite du départ de Sœur Germaine LeBlanc.

Même s’il s’agit d’une chorale vieillissante avec une moyenne d’âge tournant autour de 60 ans, le directeur tient à encourager les choristes à sortir des sentiers battus et à choisir un répertoire qui présente des défis.

«J’essaie toujours de trouver des pièces qui vont apporter le choeur ailleurs, vers quelque chose qu’ils n’ont pas fait encore, vers des endroits qui sont peut-être moins confortables pour eux. J’essaie de donner une variété, de ne pas toujours faire le même type de chansons ou de pièces. Diriger un choeur, c’est vraiment excitant et c’est intéressant de voir où on peut cheminer dans une année. Quand je réalise que les choristes sont capables d’interpréter des pièces qui comportent certains défis, pour moi, c’est ma récompense.»

Naviguant à travers les folklores, les chants sacrés, les classiques, la musique contemporaine, avec des oeuvres de l’Acadie et de plusieurs régions du monde comme l’Afrique, l’Irlande, l’Estonie, la Corse, l’Écosse et le Québec, la chorale Voidunor propose un répertoire varié.

Cette chorale a évolué avec les années. D’une chorale d’église, elle est devenue un grand choeur à voix mixtes non religieux.

«C’est une chorale qui est quand même riche d’histoire. Elle date de plus de 50 ans et c’est une chorale qui a évolué avec le temps. Je pense que les choristes ont acquis de l’expérience en participant à divers ateliers. Ils se sont perfectionnés et ils ont amélioré leur capacité à chanter des chants avec une difficulté un peu plus élevée», a poursuivi M. Mallet.

Membre de Voidunor depuis une quarantaine d’années, Lucille Vautour estime que chanter dans une chorale procure des bienfaits pour la santé physique et mentale.

«On ne chante pas seulement avec sa voix, on chante aussi avec son coeur. Par exemple, on ne peut pas chanter Grand-Pré ou Évangéline sans ressentir de fortes émotions. Dans une autre pièce musicale, on peut avoir envie de danser. Peu importe le genre, c’est tout le corps et l’esprit qui sont engagés», a exprimé Mme Vautour.

Claudette Lajoie, une autre membre du choeur, abonde dans le même sens. Pour elle, le chant choral est une occasion de socialiser avec des gens qui ont tous la même passion. C’est un plaisir qui lui donne de l’énergie et le goût de vivre.

«C’est à la fois une thérapie et une méditation, surtout quand on arrive à interpréter un chant comme il se doit et que l’on chante vraiment à l’unisson.»

Après 55 ans, Donald Mallet admet que la chorale sera aux prises éventuellement avec un problème de relève, surtout quand il regarde la moyenne d’âge des membres.

«On essaie d’intéresser les jeunes, mais ce n’est pas évident pour un jeune d’entrer dans une chorale comme la nôtre, à cause du grand écart d’âge.»

La chorale Voidunor présente son concert Chants d’ici et d’ailleurs le 5 mai à 19h et le dimanche 6 mai à 14h à la chapelle des Religieuses hospitalières de Bathurst.