Une promenade à travers les champs avec Raymond Martin

À l’automne, les foins transforment les paysages un peu comme l’effet de la neige sur la nature. L’artiste-peintre de Moncton, Raymond Martin, s’est inspiré de ce phénomène pour réaliser une nouvelle collection de peintures qui sera dévoilée vendredi.

Le jaune, l’orangé, l’or dominent dans cette nouvelle collection, Terres dorées comme la neige, exposée à la Galerie 12 au Centre culturel Aberdeen. Aimées du public et prisées par les acheteurs, les œuvres de Raymond Martin transportent le spectateur dans un monde ludique, lumineux et paisible. Huit tableaux de différents formats, allant de l’extra-large au petit, comme il s’amuse à dire, font partie de l’exposition. La plupart des œuvres ont été réalisées en 2018. Lors de l’encan annuel du Centre culturel Aberdeen en mars, le public a eu droit à un avant-goût de cette série puisqu’un tableau inspiré de cette thématique a été vendu aux enchères. L’idée des champs de foins et de la transformation du paysage lui est venue pendant une balade en voiture sur la route Old Shediac dans la région de Moncton. Le foin comme la neige dissimule des éléments du paysage, créant ainsi des silences.

«L’automne quand on se promène en voiture et qu’on voit les longs foins qu’il y a sur le bord des clôtures et les herbes écrasées, ça transforme le paysage et des fois, ça efface des bouts et puis, on le reconstruit dans notre tête. Les foins à l’automne font un peu comme la neige l’hiver qui efface toutes les clôtures, des petits arbres, mais on sait qu’ils sont là», a-t-il expliqué.

Ces deux phénomènes sont à la base de sa création. Cette analogie avec la neige n’est pas surprenante puisque Raymond Martin est reconnu aussi pour ses séries de peintures sur l’hiver. Dans ses tableaux, il fait ressortir les coulées, les petits vallons, les coteaux, les clôtures à perte de vue, les maisons blanches et noires et les conifères. Le public averti remarquera qu’il a changé sa façon de peindre les conifères puisqu’il dessine maintenant les aiguilles. En choisissant d’intégrer des lueurs orangées et des panoramas sans ciel, ses oeuvres deviennent presque des abstractions, fait remarquer le peintre. Il ne cherche pas à reproduire ce qu’il voit, mais plutôt à s’inspirer de ses observations pour créer ses propres panoramas. Ce sont tous des paysages fictifs. Encore une fois, l’artiste a réussi à se renouveler tout en restant fidèle à sa démarche.

Son vaste atelier au Centre culturel Aberdeen est rempli de toiles de divers formats qui reflètent une partie de son parcours. Au milieu de ses œuvres, l’artiste confie que sa principale préoccupation est la recherche de création. Même s’il figure parmi les artistes de l’Acadie dont les œuvres atteignent les prix les plus élevés sur le marché de l’art, il n’y prête pas trop attention. Quand il est dans son atelier, il pense surtout à créer et à explorer des façons d’évoluer. «Il y a une bonne chose à vieillir, c’est qu’on s’améliore», note-t-il.

«Je ne sais pas combien de temps, ça me prend pour faire une peinture. Des fois, faire une peinture ce n’est pas juste être là en train de la faire, ça peut être en conduisant l’auto ou encore en lavant la vaisselle. Ce n’est pas toujours activement à la concrétiser, c’est beaucoup dans la réflexion.»

Raymond Martin travaille comme psychologue auprès des enfants en plus de pratiquer son art de façon quotidienne depuis plus de 35 ans. Il est représenté par des galeries d’art à Terre-Neuve, à Fredericton, à Saint-Jean et à Halifax. En octobre, il retournera pour une troisième fois à la foire internationale d’art moderne et contemporain Art Toronto où il apportera un de ses grands tableaux. En novembre, il a été invité à présenter une exposition au studio 21 à Halifax.

Le vernissage de l’exposition Terres dorées comme la neige à la Galerie 12 se tient ce vendredi de 17h à 19h et l’exposition est en montre jusqu’au 6 juin.