Un cadeau pour Louise Vautour Goguen

Louise Vautour Goguen s’apprête à vivre toute une gamme d’émotions. Le 19 mai, elle sera intronisée à la Galerie Chaleur en musique de Petit-Rocher aux côtés de feu Denis Richard, de Danny Boudreau et de Pascal Lejeune, qui y sont déjà immortalisés.

Faits notables, la violoniste ayant grandi à Bathurst sera la première femme ainsi que la première musicienne à voir son nom inscrit à ce prestigieux tableau d’honneur trônant à la Salle multifonctionnelle de la localité voisine.

«Je ne m’attendais pas du tout à recevoir un tel honneur! J’ai été vraiment surprise quand on m’a annoncé que j’allais être intronisée et ça me fait vraiment chaud au coeur! Je suis d’autant plus étonnée que, à la différence de mes trois prédécesseurs, je ne suis pas une auteure-compositrice-interprète. Je trouve ça vraiment bien que le comité organisateur de la cérémonie reconnaissent aussi les musiciens comme moi; c’est une idée tout à fait juste», souligne Louise Vautour Goguen au cours d’un entretien téléphonique, ajoutant qu’elle s’attend à vivre de forts moment au cours de la soirée qui débutera à 20h.

Pour lui rendre hommage, ses collègues d’Ode à l’Acadie, Lennie Gallant, John Boulay et plusieurs autres sont au programme de l’événement qui sera constellé de surprises.

Un honneur qui arrive relativement tôt dans la vie de l’artiste âgée de 35 ans au curriculum vitae néanmoins joyeusement garni. Spectacles solo, en trio ou en groupe, tournées nationales et internationales, enseignement, collaborations diverses avec de nombreux artistes tant sur scène que sur disque, elle-même s’étant gravée sur galette ainsi que son violon sur le très joli Traces, en 2009… Quand nous faisons avec elle l’étalage de tout son parcours au cours des 15 dernières années, la jeune femme lâche un grand soupir de satisfaction tout en avouant sa fierté justifiée d’avoir pu déployer son art pendant aussi longtemps et même d’en vivre pendant une grande partie ininterrompue de cette période de temps.

À ses yeux, il va sans dire que l’élément déclencheur et le catalyseur de tous ses succès se résume à un seul nom: Ode à l’Acadie, spectacle célébrant la chanson acadienne dans toute sa splendeur créé en 2004.

«Quand nous avons commencé les spectacles, j’avais 21 ans. On se souvient qu’à ce moment-là, Ode ne devait se produire que pendant un été. On connaît la suite: l’aventure a duré huit ans et nous a fait connaître partout tant en groupe que de manière individuelle. En ce qui me concerne, Ode à l’Acadie m’a propulsée et m’a donné confiance en moi comme musicienne et comme personne, même assez pour enregistrer mon propre album en 2009. J’ai beaucoup, beaucoup grandi comme artiste avec Ode», appuie Louise Vautour Goguen avec grande insistance.

L’auteur de ces lignes se souvient d’ailleurs de Louise Vautour (seul nom qu’elle portait à l’époque, avant son histoire d’amour et son mariage avec Christian Kit Goguen, lui aussi membre de la troupe) comme étant très agile comme tous les autres musiciens d’Ode à l’Acadie, mais un peu plus timide que tous les autres.

La surprise fut donc de taille lorsque, trois ans après les débuts de la troupe-spectacle, elle fit entendre sa sublime voix de fée cristalline pour la première fois lors de la création du spectacle Carte blanche aux artistes d’Ode. Le petite bourgeon de fleur avait éclos et avait l’apparence d’une belle orchidée.

«Je suis contente que nous ayons recommencé à nous réunir de nouveau pour quelques festivals ou d’autres événements du genre, tout en permettant à la plupart d’entre nous de mener nos projets en solo. C’est clair que la musique a toujours fait partie de ma vie et en fera toujours partie», déclare la violoniste-fleur tout en confiant qu’elle a toutefois eu besoin de prendre du recul par rapport à sa carrière de musicienne qu’elle a conduite pendant un bon bout sur des chapeaux de roues.

«La fin des présentations d’Ode à l’Acadie après huit ans sans interruption est arrivée au bon moment dans ma vie.»

«Je voulais retourner aux études à l’université et obtenir mon baccalauréat en Administration des affaires, un autre domaine qui m’intéresse depuis longtemps. Quand Christian (Kit Goguen, son mari) est parti en Europe pour chanter dans le Cirque du soleil, ça m’a permis de compléter ce projet et de prendre du recul par rapport à ma carrière artistique. L’arrivée de notre fils, Mathias, a aussi eu un effet à cet égard. Aujourd’hui, j’ai un emploi stable comme fonctionnaire en Ressources humaines et Christian poursuit sa carrière musicale à temps plein. C’est un choix conscient que lui et moi avons fait en fonction de notre situation de vie et j’y ai parfaitement trouvé mon compte», soutient-elle.

Louise Vautour Goguen n’a toutefois pas rangé son violon à tout jamais. Elle reprend sa place au sein d’Ode à l’Acadie chaque fois que la troupe se produit, notamment dans le cadre du Festival acadien de Caraquet, et elle donne quelques spectacles solo privés ici et là. Elle ne refuse pas non plus de se joindre à d’autres artistes quand ceux-ci sollicitent son talent, assure-t-elle.

«Je suis dans le meilleur des mondes présentement. Le fait de me voir intronisée à la Galerie Chaleur en musique à un moment où c’est plus tranquille pour moi sur le plan artistique constitue un beau cadeau, tout en me rappelant de très bons souvenirs!»

Les billets pour la cérémonie sont en vente auprès de Carol Lagacy chez UNI Coopération Financière, point de service de Petit-Rocher.