Tumeur à l’égo: Maggie Savoie passe en mode électrique

Avec son nouvel album Tumeur à l’égo, Maggie Savoie présente sa vision du monde dans un voyage musical folk-blues électrique. L’environnement, la vie moderne, la chaleur de son coin de pays, les injustices, les joies et les peines du quotidien inspirent cette artiste à la fois attachée à ses racines et éprise de liberté.

Maggie Savoie ne s’en cache pas; elle adore son coin de pays, bien qu’elle soit toujours prête à s’envoler ou à prendre la route. C’est à Kedgwick dans sa maison construite sur la terre familiale que la multi-instrumentiste se sent la plus inspirée. Celle qui voyage beaucoup revient sans cesse dans son village pour se ressourcer. Tumeur à l’égo est né un peu de cet attachement pour sa région.

«J’ai vu quelques endroits dans ma vie et il n’y a pas un endroit au monde qui me fait sentir aussi enracinée que mon petit coin», confie-t-elle.

Chaque fois qu’elle revient, elle constate aussi les dommages qui sont causés à l’environnement, notamment avec les coupes à blanc qui lui font mal au cœur. Sa chanson Pépère reflète cette préoccupation.

«Il n’y a pas une place comme la forêt qui ressource plus que ça, qui est plus vraie et intègre. On a perdu un peu ce respect envers la forêt. Je vois les coupes à blanc se multiplier. C’est de quoi qui me tient à cœur parce que je suis attachée à la nature et à la forêt de par chez nous.»

En choisissant Tumeur à l’égo comme image, elle a voulu mettre en lumière la direction un peu philosophique de son album. Bien des gens préfèrent se gonfler l’ego au lieu de regarder ce qui se passe autour d’eux, évoque la chanteuse. Sur fond de critique sociale, Tumeur à l’égo est aussi un beau voyage musical qu’elle a parcouru avec ses deux coréalisateurs Christien Belliveau et Mike Trask dans leur studio à Memramcook. La production de ce disque s’est déroulée sur plusieurs mois à l’automne 2017. C’est aussi dans ce studio qu’elle a enregistré son mini-disque On court (sorti en 2017), lui donnant ainsi des ailes et le désir d’aller plus loin dans l’exploration musicale et poétique.

«L’album, j’appelle ça un petit voyage musical. On a parcouru chaque univers de Chris, Mike et moi et on s’est aperçu qu’on avait pas mal de points en commun.»

Les chansons ont été enregistrées sur ruban, laissant de côté les ordinateurs. Maggie Savoie aime cette sonorité chaleureuse qui met en relief sa voix au timbre unique. Plus électrique que son premier album très épuré Le sage du bois de chauffage, ce troisième opus se rapproche un peu du vieux blues. Elle s’est offert le luxe d’aller là où la création les pousserait. C’est chez elle en pleine nature qu’elle prend le temps d’écrire ses chansons.

«Quand je me retrouve seule chez nous, c’est là que ça se passe. J’ai besoin d’être vraiment seule pour pouvoir écrire.»

Elle offre des textes simples, touchants, près du quotidien, mais aussi liés à des enjeux plus universels. Sa musique donne envie de s’asseoir au coin du feu pour prendre le temps de savourer chaque chanson. C’est dans la création qu’elle apprécie tout particulièrement son métier d’auteure-compositrice-interprète, bien qu’elle se sent de plus en plus à l’aise sur scène pour partager sa musique avec le public.

Le disque compact paraît officiellement vendredi et elle espère éventuellement sortir une version vinyle. Celle qui mène sa carrière de manière indépendante a autoproduit son album. Le spectacle de lancement aura lieu au Centre culturel Aberdeen à Moncton vendredi à 20h. Elle sera entourée de quelques musiciens qui ont collaboré à l’enregistrement: Mike Trask à la batterie, Christien Belliveau aux guitares, Marie-Andrée Gaudet au violon et Rémi Arsenault à la basse.

Cet été, elle a plusieurs spectacles de prévus au Nouveau-Brunswick, notamment au Festival Inspire à Moncton et à Shippagan.