Harcèlement sexuel: le Théâtre populaire d’Acadie suspend l’un de ses employés

Le Théâtre populaire d’Acadie a suspendu, la semaine dernière, l’un de ses employés. Cette décision a été prise par le conseil d’administration de la compagnie de théâtre basée à Caraquet à la suite d’allégations de harcèlement sexuel qui viserait l’employé en question.

Dans un communiqué transmis aux médias en fin de journée jeudi, les dirigeants du TPA affirment avoir reçu une plainte en bonne et due forme pour harcèlement sexuel. Le conseil d’administration affirme également avoir entamé des démarches pour enquêter sur les allégations en plus d’avoir suspendu l’employé montré du doigt pour des faits remontant à 2013. Des ressources-conseils prêteront main-forte au TPA durant le processus, peut-on lire dans la note.

À l’instar de la communication écrite que nous avons reçue par courriel, le président du conseil d’administration du TPA, Normand Mourant, a décliné poliment notre demande d’entrevue, disant ne pas vouloir nuire aux procédures en cours. Il nous a toutefois mentionné que la direction de la compagnie de théâtre prenait la situation très au sérieux, ce pour quoi elle a agi immédiatement après avoir été mise au fait de la situation.

Le président ne nous a pas non plus confirmé si la plainte en question est celle de l’ancien comédien Frédéric Melanson, dont l’Acadie Nouvelle a fait état dans ses pages la semaine dernière. D’ailleurs, M. Melanson n’a pu ni confirmer ni infirmer si c’était bien à la suite de sa démarche que le Théâtre populaire d’Acadie avait pris les décisions de suspendre l’homme visé par les allégations et d’enquêter en bonne et due forme. Il salue toutefois la prise de position de son ancien employeur.

«Je suis content de savoir qu’une telle institution théâtrale a réagi de cette façon. J’espère que toute autre institution théâtrale du Nouveau-Brunswick suivra cet exemple et traitera toute plainte de la même manière», a mentionné l’ex-comédien au cours d’un échange par clavardage.

La direction du TPA ajoute dans son communiqué être au même diapason que le gouvernement fédéral et sa plus récente mise à jour de sa politique anti-harcèlement sur les lieux de travail dans les milieux culturels.

«Le conseil d’administration du TPA confirme ainsi la position non équivoque du TPA contre toute forme de harcèlement en milieu de travail, à l’instar du Conseil des arts du Canada et du ministère du Patrimoine canadien», écrit le conseil d’administration dans sa missive signée par Normand Mourant.

En outre, Frédéric Melanson nous confie avoir reçu beaucoup de soutien depuis que l’affaire a éclaté au grand jour dans les médias, même s’il mesure encore tout le poids de sa démarche.

«Je sais que ma plainte va faire bouger bien des choses dans l’industrie, seulement du fait que c’est la première du genre qui est rendue publique. Ça forcera donc certains organismes à mettre des politiques et des procédures en place qu’ils n’avaient pas énoncées clairement auparavant», estime-t-il.

Ni la direction du Théâtre populaire d’Acadie, ni Frédéric Melanson n’ont voulu dévoiler l’identité de l’homme sur le coup des allégations de harcèlement sexuel, afin de ne pas nuire à l’enquête en cours, nous ont-ils précisé.