Bosco Medias réalise une série sur la pêche lousianaise à Canal D

Patrick Gauvin avait l’ambition de faire de la production télévisuelle depuis longtemps. Son rêve ultime, jadis: travailler pour Musique Plus. Force est de dire qu’il a réussi. Il possède maintenant sa propre boîte de production: Bosco Medias.

Fort de la réalisation du documentaire La pêche maudite, le réalisateur producteur acadien a présenté récemment une autre série documentaire sur les ondes de Canal D: La pêche des Bayous.

Cette série de huit épisodes d’une durée de 30 minutes chacune fait état des différentes pêches dans l’État américain de la Louisiane.

La série touche la pêche à l’écrevisse, au poisson-chat, à la tortue, à l’huître, à la crevette, au crabe, à la grenouille et à l’alligator.

Une expérience hors du commun, mais surtout, un projet qui nécessite beaucoup de temps et de recherche.

«On a commencé tout ça il y a deux ans et demi, relate M. Gauvin. Lisa Savoie-Ferron est allée là-bas pendant près d’un mois pour essayer de trouver des intervenants francophones. Il nous fallait autant des pêcheurs que des travailleurs d’usine, en plus de penser aux différentes pêches.»

Ce faisant, il quitte la Péninsule acadienne pour une première fois rejoindre sa collègue pour planifier la suite des choses.

«Je suis allé rencontrer les personnes qu’elle avait trouvées pour confirmer leur participation afin d’écrire les scénarios.»

Le processus d’écriture peut prendre de quatre à cinq mois.

Sauf que dans le monde mythique de la production, les efforts déployés pour réaliser un tournage s’écroulent parfois très rapidement.

«Les gens là-bas ne sont pas toujours conscients du temps dont on dispose. Ça nous arrive de nous faire dire que finalement il n’est pas disponible aujourd’hui. Ça arrive souvent qu’il faut se tourner de bord.»

Au total, il aura fait sept voyages pour tourner les différentes saisons de pêche.

Il y a aussi la question du financement qui peut devenir un obstacle dans le processus.

«Rendu au Fonds des médias du Canada, c’est très compétitif. Pour ce projet-ci, ç’a bien été à cause que nous avons une bonne relation avec Canal D. C’était plus facile de leur vendre le projet.»

Le Fonds des médias décide d’octroyer du financement par un système de pointage qui considère non seulement le projet lui-même, mais aussi des détails comme l’expérience de l’entreprise.

«C’est un défi et une incertitude. Tu peux tout faire le processus et être refusé. Par contre, tu peux le soumettre de nouveau plus tard.»

Dans le cadre de la programmation de la Maison de la culture de Shippagan, trois épisodes seront présentés le 8 juillet à 19h30 à la P’tite Église.

La difficulté des petits marchés

Véritable passionné de la production et de la réalisation, ce sont ses vidéos de planche à roulettes et de planche à neige qui lui ont donné le goût d’aller plus loin. Au moment de choisir un programme d’études, il a plutôt opté pour l’administration des affaires.

«Je ne pensais pas que c’était possible de faire de la télé par ici. Je n’avais jamais vu de caméraman ici. Je voulais faire ça, mais je ne pensais pas qu’il y avait des options.»

Alors qu’il termine son premier semestre en administration, il apprend qu’un ami d’enfance est parti étudier en production télévisuelle. Il emboîte le pas sans jamais regarder derrière.

Bosco Medias fête cette année ses dix ans. Depuis, Patrick Gauvin a contribué et créé de nombreux projets dans différents milieux.

Il se réjouit de voir qu’il y a aujourd’hui de nombreuses possibilités.

«Il y a vraiment de belles occasions pour développer des projets ici au Nouveau-Brunswick. L’un des plus gros problèmes c’est le manque de personnel. Mais il commence à y avoir un bassin de personne avec de l’expérience, surtout dans le coin de Moncton.»

Un coup chance lance sa carrière

Ses premiers pas dans le domaine dans le domaine télévisuel, Patrick Gauvin les a faits de façon bien inattendue. À l’époque, l’équipe de Musique Plus est dans la région de la Péninsule acadienne pour un tournage sur le kitesurf.

«Je commençais à chercher un stage. Je terminais ma première année d’études. La personne qui organisait l’événement m’a dit que Musique Plus allait venir, mais qu’il manquerait les deux premières journées parce qu’il n’avait pas de caméraman», se souvient-il.

L’entreprise montréalaise décide de lui faire confiance et lui offre du fait même de faire un stage en réalisation-montage là-bas.