Scars Witness: un band heavy metal qui n’a pas d’âge

De 12 à 41 ans. La composition du groupe restigouchois Scars Witness est peu banale, il faut en convenir. Mais le fil conducteur qui relie ses membres va bien au-delà des années: la passion de la musique… et dans ce cas précis, une musique qui déménage.

Scars Witness, ce sont six membres originaires de Kedgwick et Saint-Quentin. À 12 ans, Samuel Roy, à la batterie, est le plus jeune du groupe. À l’opposé, le chanteur Jimmy Durepos, 41 ans, qui a évolué au sein de plusieurs groupes musicaux dans la région. On retrouve également Olivier Bergeron (chanteur, 16 ans), Sébastien Roy (chant et guitare, 39 ans), Justin Roy (basse, 18 ans), et Sammy Querry (guitare, 19 ans).

«On a trouvé les personnes les plus passionnées de la place et ça a donné ça, un groupe avec des membres de différentes époques», explique Sébastien.

Le groupe a été formé officiellement il y a deux mois à peine. Mais déjà, il suscite beaucoup de curiosité, entre autres en raison du style de musique qu’il préconise, un style qui détonne dans le paysage musical du Restigouche-Ouest. Pourquoi le heavy metal?

«Parce qu’on aime ça et qu’on veut faire différent. Parce que ça prend un groupe comme ça ici. C’est cette musique justement qui nous a réunis», indique Olivier.

Idem pour Jimmy. «J’ai joué pendant des années d’autres styles dans d’autres groupes, mais c’est le style qui vient me chercher. Et le reste de la gang aime ça autant que moi, alors c’est un match parfait», dit-il.

Aux deux plus âgés, comment c’est de jouer avec des jeunes?

«On se sent rajeunir, c’est certain. Jouer avec eux apporte une belle énergie, et c’est contagieux. Quand on prend nos instruments, on a de nouveau 18 ans», dit Sébastien.

Père-fils

Autre particularité du band, on y retrouve des liens de sang. En effet, Sébastien Roy réalise le rêve de plusieurs pères musicien, soit de pouvoir jammer avec son enfant. Dans ce cas-ci, il est question de son fils, Samuel.

«Mon garçon s’est intéressé très jeune à la batterie, alors ça fait longtemps qu’on joue de la musique ensemble. Mais au-delà de simplement jouer ensemble, ce que j’aime par-dessus tout c’est qu’on apprécie jouer les mêmes choses, les mêmes styles musicaux», confie-t-il.

Premier concert

Depuis quelques semaines, Scars Witness multiplie les pratiques en vue de leur première prestation devant public prévue à Saint-Quentin (Hangar Roy) le 30 juin prochain. Au menu, des reprises de certains groupes bien connus, mais également quelques compositions originales. Car le groupe n’a pas été créé à l’origine pour interpréter la musique des autres.

«On vise vraiment à faire un album bien à nous. Pour le moment on ajoute des reprises à notre répertoire afin de pouvoir remplir un spectacle, pour nous faire connaître. Mais plus ça ira, plus le matériel présenté sera original», indique Sébastien, qui voit déjà Scars Witness effectuer quelques spectacles en province.

Selon Samy, l’album pourrait être produit d’ici la fin de l’année. «On a trois compositions de terminées, ça va bien. Ce qui complique un peu l’écriture c’est qu’on n’a que les fins de semaine pour pratiquer, car tout le monde est pris ailleurs en semaine. Mais à ce rythme on devrait être correct pour présenter quelque chose en 2018», croit le jeune guitariste qui est également responsable de l’enregistrement et de la production.

Le groupe a d’ailleurs publié sur les médias sociaux (Facebook) un avant-goût de ce matériel avec une vidéo d’une de leur composition, Anger is my new name. La vidéo a cela de particulier qu’elle a été réalisée par le bassiste du groupe, Justin Roy, vidéaste amateur qui a produit le documentaire Le prix d’une vie traitant des services de santé dans le Restigouche-Ouest.