Sur les traces de Guy Arsenault

Un pan plus méconnu de l’œuvre de Guy Arsenault, l’auteur du célèbre recueil Acadie Rock, est au cœur d’une exposition à la Galerie Louise-et-Reuben-Cohen de l’Université de Moncton.

La commissaire n’est autre que l’artiste visuelle Maryse Arsenault, la fille du poète acadien. Cette dernière a réussi à amasser une cinquantaine de dessins et de peintures produits par son père au cours des 50 dernières années.

«Les gens le connaissent plus comme poète avec Acadie Rock. Moi je voulais présenter son travail pictural. Il a été très prolifique, surtout dans les années 1970», souligne-t-elle.

Plusieurs de ses œuvres s’apparentent à de l’art naïf avec ses scènes de rues et de maisons du quartier Parkton à Moncton. Guy Arsenault s’inspirait aussi d’histoires farfelues et de situations quotidiennes parfois absurdes apparues dans ses rêves.

«Son poème Acadie Rock a influencé une génération d’artiste par sa simplicité et sa candeur. C’est ce qu’on retrouve dans ses œuvres picturales», décrit sa fille.

Intitulée Saynètes dans la picture window en clin d’œil à l’un de ses poèmes, l’exposition offre un regard intime sur le processus créateur de Guy Arsenault.

«C’est définitivement un hommage à mon père, un échange père-fille particulier, explique Maryse Arsenault. Il a aujourd’hui 64 ans, c’était le temps de faire cette rétrospective.»

La commissaire reconnaît que ce dernier a eu une influence considérable sur son propre parcours d’artiste. «Quand j’étais enfant, je passais les dimanches après-midi à peindre avec mon père. C’était très calme», se souvient-elle.

Le poète était aussi connu à Moncton pour ses gouaches et ses zines imprimés à la main qu’il vendait à même un sac canvas qu’il avait toujours en bandoulière. «Il les mettait dans son sac et les vendait dans la rue pour un prix très modique», raconte Maryse Arsenault.

La jeune femme a réussi à mettre la main sur un bon nombre de dessins et de peintures à l’aide d’une trentaine de collectionneurs, amateurs d’art et amis de Guy Arsenault. Elle les a regroupés à la fois dans l’exposition et dans un livre hommage à son père, qu’elle publiera au même moment.

Le vernissage est prévu vendredi soir. Saynètes dans la picture window sera en montre jusqu’au 25 septembre 2018. L’entrée est gratuite et ouverte à tous.