John Winslow, Dorothée Berryman et Sébastien Ricard s’amènent à la 42e saison de l’Escaouette

«Par la présente j’ai l’honneur de vous convoquer à Moncton pour une annonce concernant les communautés acadiennes et anglophones. La présence d’un homme de chaque foyer est requise au théâtre l’Escaouette (…).» Cette convocation envoyée par le théâtre l’Escaouette aux médias il y a moins de deux semaines et signée de la «main» de John Winslow avait de quoi faire sourire et donner un peu la chair de poule.

Et pour cause, car le lieutenant-colonel et acteur majeur du Grand Dérangement ainsi que l’œuvre théâtrale multimédia qui en découle seront les pièces maîtresses de la 42e saison de la compagnie de théâtre basée à Moncton.

Intitulée simplement Winslow, la pièce, écrite par Herménégilde Chiasson et mise en scène par Marcia Babineau, sera présentée 16 fois à Moncton, du 5 au 14 avril 2019. Des prestations sont également prévues devant des élèves de divers endroits de la province.

«Le personnage de John Winslow et son énergie nous captivent beaucoup. Nous voulions à la fois nous inspirer de certains de ses écrits, mais aussi de l’histoire de la Déportation en l’inscrivant dans une vision contemporaine. Quel effet ce pan de notre histoire a-t-il encore sur notre inconscient collectif? C’est important de regarder ça avec des yeux d’aujourd’hui», souligne la metteure en scène du spectacle et directrice de l’Escaouette, Marcia Babineau.

Les dirigeants de l’Escaouette promettent donc que l’œuvre pluridisciplinaire marquera les esprits. Le spectacle mettra en vedette Nicolas Dupuis, Monica Bolduc, Émilien Cormier, Anika Lirette, Stephanie David, Ludger Beaulieu, Florence Brunet et David Losier auxquels se grefferont des marionnettes conçues par Pierre Robitaille, ainsi que trois musiciens sous la direction de Jean-François Mallet.

«Nous avons obtenu des fonds supplémentaires de la part du Conseil des arts du Canada, ce qui nous permet de monter un spectacle à plus grand déploiement, avec plusieurs trames avec lesquelles jongler – musicale, fantaisiste avec les marionnettes, visuelle avec la projection vidéo et, bien sûr, le jeu théâtral. C’est un beau défi au niveau de la mise en scène, très excitant et vertigineux à la fois, mais je suis entourée d’une belle équipe», assure la metteure en scène.

Une programmation Aux quatre vents

En plus du drame multimédia Winslow, la 42e programmation du théâtre l’Escaouette – sous le thème Aux quatre vents – proposera des œuvres contemporaines du Québec et de l’Acadie mus par des thèmes comme l’enfance, l’amour, la famille, la mémoire et la liberté, notamment.

Coup d’envoi le jeudi 20 octobre, à 19h30, avec la pièce Les enfants d’Adam, un huis clos familial déjanté et fantaisiste produit par le Théâtre de l’Opsis qui met en vedette de grands noms de la scène québécoise, dont Dorothée Berryman. À la suite du décès de son mari, une femme découvre avec stupéfaction le regard que ses enfants portent sur elle. Ces derniers devront rajuster le tir au fil des révélations sur le passé caché de leur père, mais aussi changer de regard sur leur mère qui laissera apparaître son vrai visage, celui d’une femme comme toutes les autres: merveilleusement unique.

Le jeudi 1er novembre à 19h30, place à un opéra-tango inspiré du grand écrivain argentin Jorge Luis Borges La Bibliothèque-interdite, une production de Sibyllines avec le formidable Sébastien Ricard, l’un des chanteurs de Loco Locass. Pour boucler ses fins de mois, un poète devient le concierge de la mystérieuse bibliothèque interdite. À peine entré en fonction, le voilà enlevé et incarcéré par un inspecteur qu’il croit reconnaître. Un spectacle intense de théâtre musical sur l’oppression dans les sociétés totalitaires et le désir de liberté.

Suivront Exercice de l’oubli, texte dramaturgique signé Emma Haché et coproduit par le Théâtre populaire d’Acadie et du Théâtre français de Toronto. La pièce ouvrira 2019 en prenant l’affiche le jeudi 31 janvier à 19h30.

Le vendredi 22 février à 19h30, l’Escaouette présentera Gamètes, un texte sur l’amitié féminine dans une mise en scène de Sophie Cadieux avec, comme trame de fond, la naissance annoncée d’un enfant trisomique.

Puis, le mercredi 22 et le jeudi 23 mai à 19h30 le spectacle Les limites du bruit possible (The limits of possible noise) fermera la marche de cette 42e saison de l’Escaouette. La pièce est une coproduction de Satellite Théâtre, de Pupulus Mordicus, du Cirque-Théâtre des Bouts du Monde et de Grafted Cede. Dans un spectacle hybride où le concret, le tribal et le fantomatique se répondent et s’affrontent, neuf interprètes acadiens, québécois et britanniques mêlent théâtre physique, jeu masqué, danse, acrobatie et marionnettes. Face à l’épouvantable envie d’abandonner lorsque tout est brisé et meurtri, quelles sont les limites de la résilience humaine? Le spectacle sera mis en scène par Marc-André Charron.

Les détails de la programmation sont disponibles sur le site web du théâtre l’Escaouette (escaouette.com).