Un nouveau Breen LeBoeuf s’amène à Edmundston

Les mélomanes qui seront présents cette fin de semaine au Festival Jazz et Blues d’Edmundston auront un droit à un cadeau tombé du ciel avec la présentation du spectacle de Breen LeBoeuf.

Les simples amateurs de blues comme les plus nostalgiques qui fredonnent depuis 1979 l’immortelle chanson fétiche du groupe Offenbach, Mes blues passent pu dans porte, y trouveront leur compte lors de cette soirée musicale, vendredi, sur la scène principale de la Place de l’Artisan.

Malgré les 50 années d’expérience que cumule le chanteur et musicien franco-ontarien, il s’agira pour lui d’une toute première présence au Festival Jazz et Blues d’Edmundston.

«J’ai parcouru tout le Nouveau-Brunswick à de nombreuses reprises avec Offenbach et April Wine. J’ai livré quelques concerts avec mes musiciens, dont certains à Edmundston, alors je connais les chemins!», lance Breen LeBoeuf avec sa bonne humeur habituelle.

À 68 ans, malgré un nombre de spectacles et de tournées incalculables, l’artiste dit savourer plus que jamais ses présences sur scène.

«J’ai une appréciation que je n’avais peut-être pas avant, car j’étais un peu blasé. Cette appréciation grimpe subitement quand tu réalises que rendu à un certain âge, il ne te reste qu’un certain nombre de spectacles à donner».

«T’embarques sur la scène en te disant: “c’est peut-être la dernière fois que tu vas jouer pour cette gang-là”. Ça me touche personnellement. J’adore cette sensation», d’ajouter l’artiste qui s’est longuement confié à L’Acadie Nouvelle.

Il promet que c’est un nouveau Breen LeBoeuf qui montera sur scène dans un spectacle qu’il qualifie de très personnel.

«J’ai tout redécouvert ça quand j’ai arrêté de consommer de l’alcool, il y a déjà 27 ans. C’était comme une renaissance – une deuxième carrière. J’ai dû réapprendre à me présenter devant les gens sans être paqueté», illustre-t-il.

Dans le cadre d’une fructueuse aventure musicale qui remonte aussi loin que 1969, il a eu l’occasion de travailler et de partager la scène avec de nombreux artistes, tels Zachary Richard, Nanette Workman, Plume Latraverse, Martin Deschamps et Céline Dion.

À une époque très lointaine, le destin lui a même permis de faire la première partie de la légendaire Dionne Warwick devant quelques milliers d’Américains.

«À travers les années, j’ai amassé un répertoire qui fait bien mon affaire. Des chansons et des moments faibles, il n’y en a plus et il n’y en aura pas vendredi soir à Edmundston! Du bon vieux rock blues d’Offenbach, des tounes rock blues du sud des États-Unis et quelques petites surprises. C’est ce que je vais offrir».

«Les gens vont en avoir plein les yeux et plein les oreilles avec un trio de musiciens qui va revisiter les classiques du blues», promet le sexagénaire.

À travers d’innombrables rires, l’artiste ne peut s’empêcher de penser à toutes ces décennies consacrées à la musique.

«C’est un peu mieux qu’avant, mais il arrive encore que des gars en état d’ébriété me téléphonent en pleine nuit pour me parler en pleurant de la belle époque d’Offenbach», raconte-t-il avec le plus grand sérieux.

Breen LeBoeuf se veut rassurant à l’endroit des nostalgiques.

«Eh oui, je vais offrir une de mes nombreuses versions de Mes blues passent pu dans porte aux spectateurs qui seront présents à Edmundston…»

Il faut noter qu’en cas de mauvais temps, le spectacle sera présenté à la salle de spectacle du casino Grey Rock d’Edmundston.

Un passage à vide malgré la gloire

Malgré plusieurs succès commerciaux et même une tournée avec Céline Dion en tant que bassiste et chanteur, les glorieux souvenirs de la fin des années 1980 ont tout de même une saveur un peu moins agréable, reconnaît le natif de North Bay.

«Après 25 ans d’abus, j’avais mon voyage… Ce n’était pas une belle expérience d’être sous l’influence de substances, même le matin. Je n’étais tout simplement plus capable et me rendais malade à force boire de l’alcool. Ça ne finissait plus», relate en toute franchise Breen LeBoeuf.

«C’est là que tout a basculé et que ma vie a changé, car j’ai réussi à m’en sortir et à remettre ma vie sur les rails et redécouvrir le plaisir d’avoir du plaisir».

Ce qui fait dire à l’artiste qu’il a hâte de fouler le sol néo-brunswickois pour une énième fois, tout ça avant d’entreprendre une série de plusieurs spectacles pour célébrer la Saint-Jean Baptiste et la fête du Canada.

Des atomes crochus avec l’Acadie

«J’adore toutes les particularités – les accents, le chiac, les expressions – et l’identité qui est propre aux Acadiens. Puis c’est drôle, mais avec mon accent, plein de gens croient que je suis originaire de Moncton!»