L’aventure improbable et durable de Voir Miscou et mourir

La série de spectacle Voir Miscou et mourir entamera sous peu sa dixième saison. Déjà 10, souffle l’idéatrice de la chose, Sandra Le Couteur, dans un soupir mêlant surprise et satisfaction.

Et il y a de quoi être fière. Car il y a longtemps que Voir Miscou et mourir aurait dû, en principe, n’être qu’un souvenir, une célébration artistique de courte durée marquant la renaissance du phare de Miscou ainsi que la tenue du Congrès mondial acadien de 2009 dans la Péninsule acadienne.

«Jamais dans 100 ans j’aurais crû que Voir Miscou et mourir allait durer aussi longtemps! Mon mari, Alyre, et moi, avions fait ça pour le Congrès mondial, sans nous imaginer que ça se poursuivre d’année en année», souligne-t-elle, à la fois hébétée et amusée de la chose.

D’autant plus que, il y a neuf ans, les moyens de promotions étaient pour le moins limités.

«Il n’y avait pas grand-monde au début. Aussi, les médias sociaux n’étaient pas aussi populaires qu’aujourd’hui. La promotion se faisait vraiment de bouche à oreille. Ça s’est ‘‘upgradé’’ tranquillement pas vite. Nous avons travaillé durs, mon mari et moi, ainsi que ma soeur Jocelyne, pour en faire un succès. C’est un travail qui doit d’ailleurs être repris à zéro à chaque année, tant pour la programmation que pour l’obtention de subventions», précise celle qui a vu ses efforts récompensés par un Éloize en 2012.

Car à 86 places, Voir Miscou et mourir n’est logiquement pas rentable en fonction des nombreux artistes de renom, de la relève ou de l’autre côté de l’océan qui y passent de ma mi-juillet à la fin août. Or, il serait difficile, de nos jours, d’imaginer le paysage culturel sans Voir Miscou et mourir. Le cadre enchanteur ainsi que l’ambiance très intime et la qualité des spectacles offert dans un espace aussi improbable qu’un phare a de quoi ravir et faire jaser, même au-delà de l’Acadie.

«On parle de nous à la grandeur du Canada. Je ne compte plus les artistes qui, après s’être produits une première fois au phare de Miscou, ont voulu revenir. Ils sont revenus une, voire deux autres fois», lâche la grande manitoue de la série.

Ils sont justement nombreux à avoir fait un crochet au phare. Au dire de Sandra, presque tous les artistes Acadiens y sont passés, allant de Wilfred Le Bouthillier à Lisa LeBlanc, en passant par Danny Boudreau, Menoncle Jason et plusieurs autres. Elle-même offre de multiples tours de chant chaque saison de sa voix de mer, en plus d’accueillir les spectateurs à l’entrée lorsqu’elle est en congé. Pour l’anecdote, elle révèle d’ailleurs que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas elle qui a inauguré la toute première saison de Voir Miscou et mourir, mais plutôt Shaun Ferguson,  le guitariste acadien dont la réputation n’est plus à faire.

La programmation de cette année ne fera d’ailleurs pas pâlir le succès d’estime que Voir Miscou et mourir s’est arrachée au fil des années. Gilles Bélanger (le 4 août), Zachary Richard (les 17 et 18 août, à guichet fermé), Pierre Flynn (le 2 août), Yves Desrosiers (le 6 août) et plusieurs autres figurent au rang des artistes invités pour la 10e saison qui s’ouvrira le 18 juillet. Et, évidemment, la «maîtresse» du phare se produira à une dizaine de reprises, qui plus est avec une invitée spéciale: Dalida.

«Je suis encore en train de négocier avec elle quelle chanson elle va chanter, mais nous sommes sur le point de nous entendre», lâche Sandra Le Couteur dans un grand éclat de rire.

Les détails de la programmation – qui se terminera le 25 août avec l’artiste français Erwens, avec un point d’orgue le 13 octobre – sont disponibles sur la page Facebook de la série (Voir Miscou et mourir), ou encore sur le site de la Billetterie Accès.

Prenez note cependant que le spectacle Barbara mon amour de Sandra Le Couteur (le 21 juillet) ainsi que celui de Donat et Émé Lacroix (le 30 juillet) sont annulés.