Acadie Love: les Portraits vibrants d’Yvon Gallant

Des couleurs vives, des silhouettes abstraites, des contrastes prononcés, mais surtout une murale vibrante, c’est ce que nous propose Yvon Gallant pour sa plus récente exposition Portraits.

Produite dans la cadre du Rendez-vous de la fierté Acadie Love, le mur du fond de la Galerie d’art Bernard-Jean du Centre culturel de Caraquet est couvert des 50 tableaux que l’artiste a peints au cours de la dernière année.

Qui plus est, les portraits sont des représentations de gens provenant de différents milieux professionnels, mais qui ont un impact sur leur communauté.

L’on peut notamment y apercevoir le maire de Caraquet Kevin Haché, Sandra Le Couteur, Isabelle Thériault, Sébastien Roy et Herménégilde Chiasson pour ne nommer que ceux-ci.

Un travail qui a longuement été réfléchi, explique l’artiste.

«Je m’assois avec eux et je fais des entrevues pour savoir et comprendre d’où ils viennent et pourquoi ils voulaient faire faire leur portrait.»

«Lorsqu’ils parlent, ils s’oublient. Ils ne pensent plus à la peinture et ils deviennent plus naturels, poursuit M. Gallant. Ça fait détective un peu, mais c’est difficile de les faire relaxer.»

Ils étaient nombreux, mercredi soir, à admirer les oeuvres d’Yvon Gallant lors son vernissage à la Galerie d’art Bernard-Jean. – Acadie Nouvelle: Sébastien Larocque

La technique aura porté ses fruits, selon l’Acadien originaire de Moncton. Il saisit l’image de ses sujets au moment où ils réfléchissent et deviennent immobiles.
Il est toutefois difficile de les garder inactifs.

«Quand tu leur dis de ne plus bouger, c’est là qu’ils bougent le plus! Moi je dois tout dessiner ça. Parfois ils ont 3-4 oreilles ou 12 doigts. C’est pas mal le fun à cause de ça.»

Le style figuratif a été préféré par l’artiste pour sa simplicité.

«C’est du figuratif parce qu’il s’agit de personnes. Il y a des éléments qui pourraient ressembler à de l’abstrait, note-t-il. Ce sont des gens qui n’ont pas de yeux, pas de nez et ils ont des oreilles.»

Alors qu’elles étaient dévoilées au grand public pour la première mercredi soir, les toiles ont été pensées comme un tout collectif malgré le fait qu’elles ont été peintes de façon individuelle.

«Au début, on voulait n’en faire que 20, mais il y a eu un effet boule de neige. Le mot s’est passé que je faisais des portraits et les gens voulaient avoir le leur.»

«Nous avions tout de même une liste avec des gens ciblés. Nous voulions absolument faire le portrait de certaines figures de la région.»

Difficile pour M. Gallant, toutefois, de déterminer combien de temps exactement peut prendre la réalisation d’une seule peinture étant donné qu’il les faisait par étapes. Il pouvait également travailler sur plusieurs morceaux en même temps.

Bachelier en arts visuels en 1976 à l’Université de Moncton, il a aussi enseigné la sérigraphie.

En 40 ans de carrière, M. Gallant a contribué à la réalisation de 33 illustrations pour le film Reconnaissance du chien pour l’Office National du Film.

Il a aussi été décoré du Prix Miller-Britain pour l’excellence en arts visuels et du prix du lieutenant-gouverneur pour les arts (2011).

Enfin, il a été élu membre de l’Académie royale des arts du Canada en 2005.

Le vernissage de l’exposition Portraits marquait aussi le lancement des festivités de la deuxième présentation d’Acadie Love.