Antoine Malette-Chénier: la harpe dans toutes ses couleurs

D’est en ouest, le harpiste Antoine Malette-Chénier propose au public une odyssée hors de l’ordinaire à travers une dizaine de compositions originales pour la harpe de diverses époques, allant de Weiss à Fauré en passant par le jazz des années 1950. Le musicien innovateur cherche ainsi à secouer les traditions.

Un premier rendez-vous entre le public du Nouveau-Brunswick et Antoine Malette-Chénier a eu lieu au Festival international de musique baroque à Lamèque en 2017. Un an plus tard, le harpiste québécois qui parcourt la planète est de retour en Acadie pour offrir un récital solo en l’Église historique de Barachois dans le cadre de l’Été musical de Barachois. Instrument parfois négligé, comportant une certaine dose de mystère, souvent associé à une image musicale fleurie, la harpe gagne à être connue, estime Antoine Malette-Chénier qui en parle avec enthousiasme. Cet instrument, que l’on retrouve souvent dans des ensembles et des orchestres symphoniques, est rarement mis de l’avant dans un récital solo. Le harpiste, qui est aussi membre de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières, souhaite faire découvrir toutes les facettes de cet instrument. En étant seul sur scène dans une forme de concert intimiste présentée dans une petite salle comme celle de Barachois, il peut se permettre une grande liberté artistique.

«C’est à la fois un plaisir et une responsabilité de pouvoir tout décider et tout contrôler. On est juste trois: moi, la harpe et le public.»

En concert, il parle de la harpe et présente les pièces en expliquant le contexte. Ses présentations sont assorties de quelques poèmes, comme Les elfes pour la pièce Légende D’après les Elfes d’Henriette Renié. Il a sélectionné une dizaine de morceaux composés originalement pour la harpe, sauf une œuvre de Silvius Leopold Weiss pour luth qu’il a retranscrite.

«Le répertoire est assez large. Pour ce récital, il y a un mélange de musiques nouvelles, contemporaines, du 20e siècle, dont, entre autres, des pièces de jazz des années 1950 dans le style de Gershwin, puis il y a aussi de la musique plus ancienne de l’époque baroque. J’aime faire des programmes éclectiques qui permettent de voyager.»

Intitulé Odyssée, le programme a été élaboré spécialement pour l’Été musical de Barachois. C’est un voyage d’est en ouest avec des morceaux de la Chine, du Japon, de la Russie, de l’Allemagne, de l’Autriche, de la France, du Canada et des États-Unis.

«Je trouvais ça le fun d’avoir toute une soirée avec le public où on a le temps de découvrir plein de choses.»

Le musicien cherche à offrir une vision large afin de mettre en lumière toutes les nuances de cet instrument en naviguant à travers divers styles parfois étonnants.

Après des études à Trois-Rivières et à l’Université de Montréal, Antoine Malette-Chénier a fait des études à l’Université McGill, aux États-Unis et en France. Ce musicien d’orchestre recherché est de retour au pays depuis deux ans où il se produit avec divers ensembles. Il est récipiendaire de plusieurs prix, dont le Prix Michael Measures 2014 du Conseil des arts du Canada, trois premières places au Concours de musique du Canada (2004, 2009, 2011) et deux bourses de l’Orchestre du Centre national des Arts. Son récital est présenté ce jeudi 19 juillet. Une causerie de l’artiste multidisciplinaire Herménégilde Chiasson sera présentée à 19h, suivie du concert qui débutera à 19h30. La jeune pianiste Adèle LeBlanc donnera le coup d’envoi à la soirée dans le cadre de la Série jeunes artistes.