Conrad Légère, premier Acadien invité au symposium de Nicolet

L’artiste peintre acadien Conrad Légère écrira une page d’histoire en novembre. Il deviendra le premier artiste hors-Québec à participer au symposium de Nicolet au Québec les 16, 17 et 18 novembre.

M. Légère avait peine à y croire que sa candidature ait été retenue par le comité de sélection.

«J’ai rempli les documents pour m’inscrire parce qu’un ami m’avait suggéré de le faire. Jamais je ne pensais qu’on allait me dire oui.»

Le rendez-vous annuel de Nicolet, en banlieue de Trois-Rivières, s’est forgé une identité au fil des ans. À ce jour, il est l’un des symposiums les plus réputés du Québec.

Il rassemble 36 peintres issues de sept régions différentes du Québec. Rares sont les étrangers qui réussissent à se faire inviter.

Conrad Légère est un habitué des expositions et des symposiums, mais il avoue que celui-ci a une touche spéciale.

«Ça me touche (d’être le premier hors-Québec à y aller), exprime l’homme. Ce sera pour moi une expérience particulière.»

Ayant eu comme consigne d’apporter une vingtaine de tableaux pour en faire l’exposition, le peintre a déjà fait sa sélection.

«Je me suis assuré de garder mes plus beaux tableaux pour les apporter là-bas.»
L’Acadien originaire de Caraquet peint surtout des paysages maritimes, des phares, des bateaux et des petites maisons. Il s’inspire des paysages qu’il perçoit dans ses voyages.

«J’ai fait le tour des provinces maritimes en photos, explique-t-il. Lorsque je vais au Québec, je m’inspire des champs, des vieilles maisons et des granges. Il n’y en a pas beaucoup par ici.»

Il tient aussi compte du public lors de sa sélection. Au Québec, il n’apporte pas de bateaux, mais plutôt des paysages. Il apporte parfois des phares parce qu’ils ont une signification pour les gens, notamment en Gaspésie.

Reconnu entre autres pour le bleu répété dans le ciel de tous ses tableaux, l’homme n’a pas eu le temps de chômer depuis ses débuts, en 2000.

«Il y a un temps où je peignais tous les jours. Je pouvais produire au moins 200 œuvres par année», indique-t-il.

Son atelier situé sur la rue Bourgeois à Caraquet est couvert de quelque 140 œuvres. C’est sans compter celles qu’il préserve en vue de ses expositions à venir et celles exposées à divers endroits tout au long de l’année.

Outre Nicolet, Conrad Légère sera de passage à Saint-Léonard en août puis à Port-Daniel-Gascons (Québec) en septembre.

Depuis sa première exposition à l’extérieur du Nouveau-Brunswick en 2016 à Baie-Saint-Paul, il affirme y avoir pris goût.

«Ça m’a donné le goût d’aller voir ailleurs et de montrer mes œuvres aux gens, dit l’artiste qui est généralement plutôt timide et réservé. Ça m’inspire aussi pour faire d’autres œuvres. J’aime aller dans des endroits où il y a des racines acadiennes, mais je vise les milieux francophones d’abord.»

Les symposiums lui permettent aussi de rencontrer des passionnés de l’art, chose qui suscite souvent de très belles conversations note-t-il.

C’est aussi pour lui une source de motivation.

«C’est motivant d’être accepté dans les symposiums. Ça me pousse à perfectionner mon art. Mon objectif est toujours de plaire aux gens. C’est ma façon à moi de montrer mon art.»

En 18 ans, M. Légère a gravi plusieurs échelons dans le domaine artistique. Il compte aujourd’hui des œuvres en France parce que les touristes s’en procurent.
Tout ça à partir d’une passion qui devait n’être qu’un passe-temps.