Mélanie Gagnon: une carrière d’artiste en pleine ascension

Mélanie Gagnon veut vivre de son art, du moins pour la prochaine année. Cette artiste-peintre de Caraquet sent le besoin de s’approfondir et de s’investir davantage dans sa passion. Elle a même décidé de prendre une année sans solde de son poste de directrice pour y arriver.

Alors qu’elle crée des œuvres par pur plaisir, mais aussi sur commande, Mme Gagnon vient de cocher plusieurs objectifs personnels.

L’AEFNB lui a confié la mission de créer des œuvres d’art pour remettre aux récipiendaires du prix d’enseignant de l’année des quatre coins de la province.

C’est à la fois un souhait qui se réalisait, mais un défi de taille tout de même.

«Normalement, je peins des fleurs et des bateaux. Lorsque l’association m’a confié le projet, ils m’ont dit qu’ils ne voulaient pas ça… Ils voulaient des œuvres créées à partir des textes des candidatures.»

Elle a dû sortir de sa zone de confort. Une expérience qui lui aura aussi permis de se développer en tant qu’artiste.

«Au début, ç’a été vraiment déstabilisant. Je suis une artiste plutôt intuitive, mais là je devais réfléchir davantage. Mon processus a été inversé en quelque sorte», explique-t-elle.

La collection Hors des sentiers battus est composée de huit toiles peintes à l’acrylique. Une pour chacun des sept récipiendaires et une récapitulative pour l’AEFNB.

Sur celles-ci, il est possible d’y apercevoir un arbre au centre.

«L’arbre que l’on voit (qui est sur chacune des toiles) est le thème central. Il signifie que l’on appartient à un tout.»

L’artiste explique aussi que les enfants, primordiaux à la profession d’enseignant, s’y retrouvent parce que les enseignants amènent ces jeunes à grandir tel un arbre.

S’ajoutent à ces éléments d’autres images qui personnalisent le tableau.

«À partir des textes des récipiendaires, j’ai pris 6-7 mots qui m’interpelaient et qui représentaient cette personne.»

L’autre défi, il fallait que le tout donne quelque chose de beau et qui n’avait pas l’air d’un pêle-mêle de choses collées ensemble.

«La composition a été difficile. J’ai mis beaucoup de temps et j’ai fait plusieurs croquis pour y arriver. Je voulais faire un ensemble, pas juste un collage d’éléments ajoutés.»

Elle estime avoir mis de 25 à 30 heures de travail par tableau.

Reconnue pour ses couleurs vives, elle n’a pas hésité à rester fidèle à son style de prédilection.

«Je voulais un contraste d’où pourquoi le fond est neutre. Je voulais surtout que les éléments soient colorés pour qu’ils attirent l’oeil. Je trouve que l’on voit la joie de vivre dans les tableaux. Ils sont dynamiques.»

Une carrière en vogue

À en voir les créations qu’elle produit, on ne pourrait se douter que Mélanie Gagnon peint professionnellement depuis à peine huit ans.

En mai, elle a apposé un crochet sur un autre objectif qu’elle s’était fixé: faire découvrir ses œuvres à l’extérieur de la province.

En effet, Mme Gagnon compte désormais de ses créations à Montréal, au HangART sur St-Denis.

Une occasion qui pourrait lui ouvrir des portes à l’international, possiblement à Singapour à l’heure actuelle, précise-t-elle. Trois de ses toiles ont d’ailleurs été acceptées en présélection.

«Ç’a été une surprise pour moi (d’être admis au HangART). Je ne suis pas une artiste décorée, je ne suis pas membre de l’association et je n’ai pas titre. C’est assez surprenant.»

L’avenir s’annonce prometteur pour l’Acadienne étant donné qu’elle consacrera désormais l’entièreté de son temps à sa passion.

«Je mettais environ 15% de mon temps pour mon art auparavant et je parvenais à vendre une cinquantaine de toiles. Le potentiel est là pour percer ailleurs maintenant que je vais m’y mettre à temps plein.»

Ses objectifs pour 2018: faire des galeries hors-province, des résidences internationales et devenir membre de l’AEFNB.

Autre projet qu’elle chérit: peindre pour des oeuvres de charité lors d’événement. Elle souhaite pouvoir amasser des fonds pour des organismes sans but lucratif lors d’occasions spéciales.