Quand l’amour de l’art est plus fort que tout

Grand passionné d’oeuvres d’art, le collectionneur parisien Jean-Baptiste Sercq expose pour la toute première fois une partie de sa collection personnelle qui met en lumière le travail d’artistes acadiens. Yvon Gallant, Herménégilde Chiasson, Roméo Savoie et Amber Léger figurent parmi ses coups de coeur.

Depuis 37 ans, le président de la Francophilie en France passe ses étés dans le sud-est du Nouveau-Brunswick. Depuis toutes ces années, il contribue au rayonnement de la culture des pays francophones, notamment de l’Acadie. Au fil des années, celui qui a présenté au-delà de 500 expositions internationales et fait briller l’art contemporain acadien en France a acquis de nombreuses œuvres. Dans sa résidence d’été à Cap-Pelé, on en compte 104. De cette collection, il a sélectionné 22 tableaux et trois sculptures afin de les regrouper dans une exposition qu’il présente dans la salle de spectacle Viola-Léger à l’Église historique de Barachois.

«Ce sont des tableaux qui sont sortis de l’atelier qui sont venus directement chez nous dans ma maison à Cap-Pelé, donc jamais vu du public sauf des personnes qui sont venues à la maison», a expliqué Jean-Baptiste Sercq lors du montage de l’exposition.

Des oeuvres d’artistes de diverses générations ayant marqué l’histoire de l’art contemporain en Acadie comme Roméo Savoie, Yvon Gallant, Herménégilde Chiasson, Nancy Schofield, Guy Duguay, Nancy Morin et Paul Édouard Bourque côtoient celles de créateurs plus jeunes comme Jared Betts, Amber Léger et Rebecca Belliveau. Jean-Baptiste Sercq a choisi des œuvres singulières qui sortent de l’ordinaire, dont certaines diffèrent du travail habituel de l’artiste. C’est le cas des tableaux d’Yvon Gallant ou encore de la jeunesse d’esprit de Roméo Savoie.

«Quand on regarde le tableau de Roméo Savoie, on ne dirait pas que c’est un homme de 91 ans qui a réalisé cela», soulève M. Sercq.

Le collectionneur précise que c’est d’abord l’originalité qu’il recherche quand il choisit des œuvres.

Il a toujours eu le désir de faire connaître la culture acadienne au reste du monde francophone.

«La peinture et la musique n’ont pas de frontière de langues. Quand on voit un tableau ou qu’on entend une musique, on saisit ce que l’artiste veut dire», a-t-il partagé.

Comme son association ne reçoit pas de subvention, lui et son épouse Jeannine Sercq assument les frais des expositions. Cette année, l’Université de Moncton lui a remis un doctorat honorifique pour reconnaître son travail qu’il fait pour les Acadiens. Au lieu de se la couler douce cet été, il a choisi de monter une exposition à l’Église historique de Barachois pour remercier le Nouveau-Brunswick de cet honneur. M. Sercq qui est membre du comité de sauvegarde de cette église apprécie son caractère intime.

À cette collection acadienne, il a ajouté quelques tableaux d’artistes internationaux. Les pièces sont regroupées par artiste. Parmi celles-ci, on retrouve une des rares sculptures de Paulette Foulem.

«C’est rare parce qu’elle n’a fait que sept sculptures en cinq exemplaires.»

L’exposition qui comprend, entre autres, deux sculptures de Paul Édouard Bourque, un portrait de Marcia Babineau réalisé par Herménégilde Chiasson et un portrait du collectionneur signé Yvon Gallant, permet de découvrir de nouvelles facettes des peintres. Jean-Baptiste Sercq reconnaît des particularités dans la peinture acadienne.

«Je ne connais pas tous les peintres en Acadie, mais la majorité des peintres sont complètement dans l’art contemporain. Ils ont tous une création différente et une démarche personnelle. Prenons le cas de Paul Édouard Bourque, est-il un peintre? Oui, mais il ne peint pas forcément avec des pinceaux et de la couleur. Yvon Gallant par exemple, on le reconnaît tout de suite. C’est très important dans le domaine de la peinture, quand on voit un tableau et de reconnaître qui l’a peint.»

Le vernissage de l’exposition intitulée L’amour de l’art se tient ce samedi 21 juillet de 5 à 7 et les œuvres sont en montre jusqu’au 27 juillet.