La vie attend: variations sur la peur et l’espoir

Entre la danse et le théâtre, le spectacle La vie attend qui repose sur l’espoir et la peur, a été acclamé par la petite foule, samedi soir, à Moncton. Cinq danseurs ont interprété cette œuvre puissante sur les contradictions humaines.

Pas facile d’attirer de grande audience pour la danse contemporaine, admet la directrice artistique du Festival de danse en Atlantique, Chantal Cadieux, qui depuis 13 ans en fait son cheval de bataille. Les spectacles de danse présentés vendredi et samedi ont attiré chacun une soixantaine de personnes. Les spectateurs sont repartis comblés du théâtre l’Escaouette samedi soir. Ce spectacle de la compagnie Parts+Labour_Danse, qui joue à la fois sur la force et la vulnérabilité d’un groupe de cinq hommes, traverse une large gamme d’émotions. Des spectateurs ont souligné, entre autres, l’authenticité et le côté très organique du spectacle.

À l’issue de la représentation, plusieurs personnes sont restées pour discuter avec les chorégraphes Émily Gualtieri et David Albert-Toth (qui fait aussi partie de la distribution) et les danseurs. Pour créer cette œuvre, les chorégraphes se inspirés de l’hypothèse du philosophe politique Thomas Hobbes qui estime que toutes les actions humaines ont pour origine commune la peur et l’espoir.

«Ça nous interpellait parce qu’on trouve ça dans tout, les sports, les interactions humaines. Il y a différentes façons d’aborder la peur et l’espoir. Vous aussi comme spectateur, vous avez des espoirs et des peurs en venant voir le spectacle», a commenté David Albert-Toth.

Le travail avec les danseurs-collaborateurs s’est étendu sur deux années. De façon intuitive, les chorégraphes ont choisi de travailler avec cinq hommes. Les interprètes sont de type très différent les uns des autres, apportant ainsi un éventail de couleurs au spectacle. Chaque interprète a son style et sa manière qui lui est propre de se présenter face au monde. Une part d’improvisation qui s’appuie sur des scripts et des actions communes compose aussi cette œuvre. Le tout débute sur une note d’ironie où les danseurs s’amusent avec le côté éclatant et flamboyant des arts de la scène, le romantisme et les lieux communs. En fait, ils se moquent un peu d’eux-mêmes. La musique de cette ouverture contraste avec le reste de l’environnement sonore plutôt sobre. Des silences viennent ponctuer les prestations.

Solos, duos ou en groupe, les créateurs sont à la fois des combattants, des amoureux, des perdants et des témoins. Ils évoluent dans un espace très ouvert avec quelques chaises et tables pour accessoires. L’imaginaire occupe une grande place dans le spectacle. À la danse, vient se greffer la parole. Ces textes déclamés de façon très théâtrale par les danseurs apportent une autre énergie au spectacle.

«J’essaie de faire du travail que j’aimerais voir et d’être stimulé par différents aspects, pas juste la danse. Je trouve que les mots parlés permettent d’entrer dans un autre registre», a partagé le chorégraphe.

En plus d’avoir présenté leur spectacle, les danseurs de la compagnie offrent des classes de maître pendant le Festival de danse en Atlantique. Ce festival, présenté de concert avec Acadie Rock, se poursuit jusqu’au 18 août. La troupe Fleuve/Espace Danse et la chorégraphe Chantal Caron offriront le spectacle Le souffle de l’aube mardi matin à 6h15 (au lever du jour), au parc Riverain.

Par ailleurs, le groupe sud-coréen Jambinai – qui a clôturé les Jeux olympiques de Pyeongchang 2018 – fait escale au Festival Acadie Rock lundi soir. Avec leur musique de style post-rock mixant les instruments traditionnels et modernes, ce spectacle vaut certainement le détour. Le groupe partagera la scène avec l’Acadien Simon Daniel. Un spectacle à ne pas manquer à la Salle Bernard-LeBlanc à compter de 19h30.