Julien Dionne: l’humoriste qui joue avec les langues

Après avoir évolué pendant plus de dix ans sur la scène anglophone, l’humoriste Julien Dionne, originaire de Scoudouc, commence à faire sa marque du côté francophone avec son spectacle, T’cheuque sorte de français, un peu partout au pays.

Après avoir vécu à Toronto et à New York, l’humoriste acadien a décidé de s’établir à Wakefield dans l’Outaouais. À l’époque où il a commencé à faire de l’humour en 2006, il a choisi la voie anglophone.

«Dans le coin ici, on est influencé beaucoup plus par la culture américaine et ça me semblait plus naturel d’aller du côté anglais même si je suis Acadien et que ma langue maternelle est le français», a déclaré l’humoriste de passage à Moncton dans le cadre du Festival Acadie Rock.

C’est lors du spectacle bilingue du Festival HupCap qu’il a offert pour la première fois des numéros en français. Il avait traduit son texte anglais en le présentant sur scène. François Simard, du groupe Juste pour rire, l’a alors remarqué et l’a invité à se joindre à son équipe pour un gala à Edmonton et des soirées d’humour Juste pour rire. Si aujourd’hui il arrive à vivre de son humour, c’est grâce en grande partie à sa carrière en français.

«C’est très bien reçu. Le public québécois adore n’importe quel accent qui n’est pas québécois. Je me présente comme celui qui avait une carrière en anglais depuis 12 ans et que c’est tout nouveau en français. Le public est déjà de mon côté.»

En spectacle, il s’amuse avec les mots et les traductions loufoques. Inspiré par sa propre vie, Julien Dionne croit fermement que l’humour doit partir de vérités. Après, c’est à l’artiste de les transformer et d’exagérer pour créer une situation comique.

Au secondaire, l’humour lui a servi en quelque sorte de bouée de sauvetage. Étant le plus petit de son groupe, il utilisait l’humour comme arme de défense.

«En 11e année, j’avais l’air comme si j’étais en 7e année. Comme j’étais toujours le plus petit, j’utilisais l’humour pour désarmer tout le monde. Mon père et mon grand-père sont super hilarants. C’est quelque chose de naturel et une façon d’être», a confié l’humoriste âgé dans la trentaine.

Ses dix années sur la route partout au Canada ont été son école. En faisant la transition vers le français, sa façon de travailler a changé. Il s’est mis à l’écriture de texte, ce qu’il ne faisait pas vraiment en anglais.

«Du côté anglophone, c’est plus lousse. Les francophones écrivent et écrivent. Ils sont plus disciplinés.»

Avant d’entreprendre une série de spectacles, celui qui ne boit plus d’alcool se prépare comme pour un marathon, afin d’être le plus en forme possible sur scène.

«J’ai arrêté de boire parce que c’est une dépense d’énergie inutile. Il y en a trop dans l’industrie.»

Parallèlement à sa carrière sur scène, l’humoriste se retrouve de temps en temps au petit écran. On a pu le voir, entre autres, dans la série controversée Canada: The story of us, sur CBC.

Il sortira un album de son spectacle en version numérique la semaine prochaine. Le spectacle a été enregistré au bar l’Igloo à Moncton. Julien Dionne est en spectacle à la soirée d’humour du Festival Acadie Rock ce mardi à compter de 20h au Hell’s Basement. Solange LeBlanc, Martin Saulnier, Ryan Doucette et Yves Doucet seront aussi du spectacle animé par Mélanie Beaulieu.