Un nouveau souffle poétique pour Christian Roy

Avec son plus récent recueil, Jusqu’au bout du souffle, qui s’adresse à l’Acadie, Christian Roy fait un retour marqué à la poésie. Avec ses textes très imagés, il propose de faire le tour de ses préoccupations profondes sur le monde.

«Je vois la poésie comme un feu qu’on nourrit et si on ne le nourrit pas, il meurt et c’est extrêmement dur de le repartir», déclare le poète originaire de Robertville, établi à Moncton depuis plusieurs années.

Sept années se sont écoulées depuis Gènes et genèses. Entre 1998 et 2005, il avait pourtant publié quatre livres.

«Avec Gênes et genèse, je suis allé tellement loin que je n’ai pas écrit après pendant des années.»

Entre temps, celui qui est aussi traducteur a signé la traduction française du roman d’aventures Frères de sang à Louisbourg, de Philip Roy, publié aux Éditions Perce-Neige. Il a écrit deux nouvelles pour la revue Ancrages.

Guidé par son instinct, le poète autodidacte a eu envie d’écrire des textes qui s’adressent à l’Acadie alors qu’il s’apprêtait à quitter Moncton pour retourner à Roberville. Finalement, il est resté, mais l’idée d’abandonner cette ville lui a inspiré un poème – Sans connaissance – écrit un peu comme une lettre d’amour. Dans ce texte, il parle de Moncton et de Robertville sans les nommer. Tout passe par les images et les métaphores.

Ce premier poème lui a ouvert à nouveau la porte de la poésie. Pendant six années, il a écrit une vingtaine de pages qu’il a retravaillées plusieurs fois. Ces textes adressés à l’Acadie ressemblent aussi à une sorte de quête identitaire un peu abstraite. Il raconte qu’avant de s’engager dans la voie de l’écriture et de déménager à Moncton, l’Acadie ne signifiait pas grand-chose pour lui à part dans les livres d’histoire et de savoir qu’il est de descendance acadienne.

«Mon identité acadienne a été forgée ici et en fait en plusieurs lieux. À Robertville, il y avait Martin Pître avec qui j’ai eu des conversations. Au Festival acadien de poésie en 1997 et 1998, j’ai fait des lectures et j’ai découvert c’était quoi l’Acadie. Je suis venu à Moncton et j’ai rencontré plein de poètes et j’ai commencé à publier. Éric Cormier a donné mon premier manuscrit à Gérald Leblanc.»

Les injustices dans le monde, la surconsommation, l’exploitation commerciale figurent parmi les sujets qu’il explore. Son poème Joyeux Noël témoigne de ses préoccupations par rapport à la pauvreté. Il entend s’engager de plus en plus dans cette voie dans les prochains recueils.

«Dans le fond, ce sont les mêmes sujets que j’aborde constamment, c’est-à-dire comment les gens peuvent faire le mal avec plein de choses qui sont si belles. On développe des industries pour se faire des emplois, pour faire notre vie, mais en même temps on détruit quelque chose en faisant ça et mon poème Bercail altéré parle de ça.»

Selon Christian Roy, la poésie peut et doit changer les choses et jeter la lumière sur les injustices. Dans son recueil, il est aussi question de langues et d’accents. C’est d’ailleurs le poème qui ouvre le livre. «Toutes ces langues de mes ancêtres comme des racines enchevêtrées», écrit le poète.

Il a déjà un autre recueil en chantier. Il n’attendra certainement pas sept ans pour publier un nouveau livre. Christian Roy a recommencé aussi à participer à des lectures publiques. C’est un talent qu’il veut cultiver davantage parce qu’il peut ainsi recevoir une réaction immédiate du public. Il sera de la Soirée de poésie Gérald-Leblanc à la Salle Bernard-LeBlanc jeudi soir. Cet événement phare du Festival Acadie Rock, réunira aussi Georgette LeBlanc, Gabriel Robichaud, Fredric Gary Comeau, Cindy Morais, Émilie Turmel et Marc Arseneau. Ce sera animé par Serge Patrice Thibodeau.