Un accueil royal pour Louis-José Houde à Moncton

Accueilli dans un tonnerre d’applaudissements au Théâtre Capitol à Moncton, l’humoriste Louis-José Houde a offert son plus récent spectacle Préfère novembre dans lequel, il explore des territoires parfois inattendus qu’il arrive à rendre complètement loufoques.

Porté par un immense succès depuis 15 ans, celui qui maîtrise habilement l’art de la métaphore hilarante a ravi la foule qui l’a salué par une vibrante ovation vendredi. L’enfant chéri de l’humour québécois a choisi le Théâtre Capitol pour filmer son 4e spectacle qui sera diffusé ultérieurement et qui se retrouvera sur un DVD. En entrevue à l’issue du spectacle, il explique qu’il en rêvait depuis une dizaine d’années.

«C’est un choix très personnel. C’est toujours moi qui décide où mes spectacles vont être tournés. Je voulais tourner hors Québec premièrement parce que j’ai fait le tour de toutes les communautés francophones au Canada et c’est toujours un public très réceptif et très enthousiaste. À Moncton, vu que je connais bien le Capitol, j’avais confiance. Je savais qu’ici, ça allait bien se passer. J’aime le look un peu vieillot de la salle, bien conservé, l’âme qui a là et le public de Moncton qui est toujours bien bruyant dans le bon sens. Donc pour moi, c’était une combinaison gagnante», a-t-il déclaré.

Et la réponse du public a été très chaleureuse. S’il a choisi novembre comme fil conducteur, c’est qu’il considère que son tempérament et son style de vie s’apparentent à ce mois d’automne. Au-delà de son horaire bien chargé, ce fin observateur du monde aime contempler la vie autour de lui et prendre son temps.

«Novembre, ce n’est jamais la tempête, mais c’est un peu gris. On a le temps de regarder dans le vide et de penser à sa vie», a souligné celui qui fait l’éloge de la lenteur.

Même s’il se retrouve souvent devant les projecteurs, il confie qu’il a besoin de moments de solitude et de tranquillité entre les tournages et les spectacles sur scène. C’est dans son chalet à la campagne qu’il arrive à se ressourcer.

«Je suis un urbain, je vis à Montréal, mais j’ai un grand besoin de ma campagne. Je suis un auteur comique, mais quand même un auteur. L’écriture, c’est quelque chose qui se fait dans la solitude et qui requiert une certaine tranquillité. J’aime beaucoup lire aussi et ça inspire mon écriture. J’ai beaucoup d’activités, disons solitaires dans mes temps libres. J’ai tout le temps été comme ça. Je peux m’ennuyer de mon amoureuse si elle est partie en voyage, mais la solitude ne m’atteint pas du tout. Dans le métier que je fais, il faut être très bien socialement, mais il faut être aussi confortable dans la solitude pour écrire ces spectacles-là.»

Des zones inexplorées

À 40 ans, l’humoriste a décidé d’aller dans des zones un peu plus sérieuses, mais en fin de compte on finit toujours par rire dans ce spectacle tellement bien ficelé où il pointe du doigt certains non-sens de la vie, toujours avec justesse. La technologie versus la vie ancienne, profiter du temps qui passe, l’homosexualité, le racisme, les mères monoparentales figurent parmi quelques-uns des sujets du spectacle. Il raconte, entre autres, que les mères monoparentales sont les meilleures «dates» au monde parce qu’elles n’ont pas de temps à perdre ou encore comment l’arrivée de la télé 4K a changé nos vies. «La télé 4 K merci! Avec le HD on ne voyait rien, enfin l’image est claire», ironise-t-il.

Il enfile blague après blague. Son numéro sur l’utilisation de l’eau potable est complètement hilarant. Il aborde aussi des sujets plus délicats comme les abus et les relations non consentantes. Il a confié que ce sont des thèmes qui sont arrivés naturellement dans son écriture.

«Le numéro sur les rapports non consentants qui est tout court, c’est quelque chose qui vient vraiment du ventre et du coeur, dont j’avais vraiment envie de parler. Je me disais avec la tribune que j’ai et que l’humour a au Québec, pourquoi ne pas utiliser cette tribune pour aller un peu peu loin.»

Avec son humour accessible, Louis-José Houde arrive à rejoindre un vaste auditoire de tous les âges, comme on a pu le constater dans la salle à Moncton.

«Si ça rejoint une dame de 72 ans, un garçon de 13 ans et un gars dans la trentaine avec un chandail de Slayer, tant mieux et je suis vraiment heureux de ça, mais je ne fais jamais de courbettes pour plaire à un large auditoire, mais il se trouve que j’ai un humour qui est quand même très accessible, mais ça, c’est naturel. Je me demande toujours de quoi j’ai envie de parler et si c’est drôle. Quand ces deux conditions-là sont remplies après ça je vis avec.»

Louis-José Houde a présenté son spectacle vendredi et samedi au Théâtre Capitol. Il poursuit sa tournée pendant toute l’année 2019. Il tient aussi le rôle vedette dans la nouvelle comédie d’Émile Gaudreault, Mytho, présentement en tournage. Il animera le 40e Gala de l’ADISQ le 28 octobre.